Homélie – Messe
en l'honneur du Sacré-Cœur et pour les malades
Vendredi
7 août 2026
(Na
2, 1.3 ; 3, 1-3.6-7 ; Dt
32, 35cd-36ab, 39abcd, 41 ; Mt 16, 24-28)
Chers frères et
sœurs,
En ce premier
vendredi du mois, nous nous rassemblons autour du Sacré-Cœur de Jésus. Nous prions spécialement pour les malades, les
personnes âgées, celles qui souffrent dans leur corps, dans leur cœur ou dans
leur esprit. Nous savons que chacun porte une croix, parfois visible, parfois
cachée.
Dans l'Évangile, Jésus nous adresse une parole
exigeante : « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à
lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. » Cette parole peut nous
surprendre. Jésus ne dit pas que la souffrance est bonne en elle-même. Il ne
demande pas de rechercher la souffrance. Mais il nous promet une chose : aucune
souffrance n'est vécue seul lorsque nous marchons avec lui.
Le Sacré-Cœur de Jésus est précisément le signe de cet
amour qui ne nous abandonne jamais. Son Cœur est ouvert pour accueillir nos
blessures, nos larmes, nos découragements. Lorsque nous sommes malades, lorsque
nous traversons une épreuve familiale, lorsque nous perdons un être cher ou
lorsque nous ne voyons plus d'issue, Jésus nous dit : « Viens à moi. Mon Cœur
est ouvert pour toi. »
Aujourd'hui, nous prions particulièrement pour nos
malades. Beaucoup souffrent physiquement. D'autres souffrent moralement : la
solitude, l'angoisse, la dépression, les difficultés économiques, les conflits
familiaux. Il existe aussi des blessures invisibles que personne ne remarque,
mais qui font très mal.
Depuis plusieurs mois, notre pays est profondément
marqué par une augmentation de drames humains. Les réseaux sociaux nous
rapportent presque chaque semaine des histoires bouleversantes : des suicides
de jeunes ou d'adultes, des violences conjugales qui se terminent par des
meurtres, des conflits familiaux qui dégénèrent tragiquement, ou encore des
personnes tuées à la suite d'agressions. Derrière chaque publication, il y a
une famille détruite, des enfants qui pleurent, des parents qui ne comprennent
pas, une communauté qui souffre.
La situation est
jugée alarmante par les autorités et les spécialistes. Les statistiques de la
police pour les cinq premiers mois de l'année 2026 font état de 62 cas
de suicide, dont quatre concernant des mineurs .
Face à la multiplication des drames familiaux,
le "Domestic Abuse Bill 2026" a été présenté à
l'Assemblée nationale fin juin 2026 . Ce texte marque un tournant dans la
législation mauricienne pour mieux protéger les victimes. Il introduit
notamment une définition élargie des violences, incluant désormais les
violences psychologiques, le contrôle financier, les humiliations ou
l'isolement social
Je ne veux pas rappeler ces événements pour nous faire
peur, ni entrer dans les détails. Mais ils doivent nous interpeller. Ils nous
disent qu'au milieu de notre société, beaucoup de personnes portent une
souffrance immense, parfois dans le silence. Certaines n'osent plus demander de
l'aide. D'autres pensent qu'elles sont seules ou qu'il n'y a plus d'espérance.
Comme disciples du Christ, nous sommes appelés à être
attentifs. Une parole d'écoute, une visite, un appel téléphonique, un sourire,
une invitation à parler peuvent parfois empêcher une personne de sombrer dans
le désespoir. Nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes, mais nous
pouvons être des témoins de la compassion du Cœur de Jésus.
À ceux qui traversent des moments très sombres,
l'Église veut redire avec force : votre vie a une valeur infinie. Vous êtes
aimés de Dieu. Même lorsque tout semble perdu, il existe toujours un chemin
d'espérance. N'ayez pas peur de demander de l'aide à votre famille, à un ami, à
un prêtre, à un professionnel de santé ou à toute personne de confiance.
Demander de l'aide n'est jamais un signe de faiblesse ; c'est souvent le
premier pas vers la guérison.
Le prophète Nahum, dans la première lecture, annonce
que le mal n'aura pas le dernier mot. Les puissances de violence finissent
toujours par tomber. C'est aussi notre foi : l'amour est plus fort que la
haine, le pardon est plus fort que la vengeance, la vie est plus forte que la
mort.
Dans quelques instants, nous adorerons Jésus présent
dans la Sainte Eucharistie. Déposons dans son Cœur toutes nos souffrances : nos
malades, nos familles, notre pays, les victimes de la violence, les personnes
qui vivent dans le désespoir, celles qui pleurent un proche, et même ceux qui
ont commis le mal, afin qu'ils se convertissent.
Demandons au Sacré-Cœur de Jésus de faire de chacun de nous un instrument de sa paix. Que notre paroisse soit une communauté où personne ne reste seul dans sa souffrance, où chacun trouve une oreille qui écoute, une main qui relève et un cœur qui aime. Que le Sacré-Cœur de Jésus règne dans nos familles, dans notre paroisse et dans toute l'île Maurice. Amen.

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