Translate

12/04/2021

Lundi de la 2e Semaine de Pâques


ÉVANGILE : Jn 3,1-8

Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui.» Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu.» Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit

MÉDITATION :

L’évangile d’aujourd’hui nous raconte la rencontre de Jésus avec Nicodème. Qu’est-ce qu’on peut apprendre de cette rencontre?

1. Nicodème est un pharisien dont on dit du bien : c’est plutôt rare dans les évangiles. Il est aussi « un notable parmi les Juifs », c’est-à-dire un membre du Sanhédrin, ce « Conseil d’administration » que les Romains utilisent dans un système de « gouvernement indirect ». Il est un sage, un homme courageux qui va voir Jésus en cachette, « pendant la nuit » pour ne pas se compromettre et pour chercher sincèrement la vérité ; mais au moment de l’épreuve de la croix, il sortira au grand jour pour recueillir le corps de Jésus et pour assurer à Jésus une sépulture digne, selon les traditions juives (Jn 19,38-42).

2. Tant d’événements capitaux dans la Bible se sont ainsi déroulés de nuit: c’est dans la nuit que Jésus naît, c’est dans la nuit qu’il ressuscite.

Nicodème avançant dans la nuit ressemble tant à tous ceux qui ont une vision obscure de la foi et qui espèrent voir se lever la lumière du Christ sur leur chemin d’ombre. “La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.”

Le Christ brille dans mes ténèbres, et mes ténèbres sont traversées par sa Parole comme un écho dans l’abîme. Pour Nicodème comme pour moi, le Christ est dans ma vie ce pont à travers la terre et le ciel qui surplombe miséricordieusement l’abîme de ma misère. Le Seigneur est proche. Avançons !

3. « À moins de naître d’en haut Dans l'enseignement de Jésus, nous découvrons une catéchèse de baptême qui circulait probablement à l'époque dans la communauté de l'Évangilisateur.

Il y a quelques jours nous avons célébré la veillée pascale. Une partie de cette veillée comprend la célébration du baptême, la Pâque, le passage de la mort à la vie. La bénédiction solennelle de l'eau et le renouvellement des promesses du baptême sont des points clés de cette nuit sacrée.

Dans le rituel du baptême il y a une immersion dans l'eau (symbole de la mort), et une émergence de l'eau (image d'une vie nouvelle). Nous sommes immergés avec le péché originel et nous émergeons renouvelés. C'est cela que Jésus appelle «renaître» (cf. Jn 3,3). C'est cela “naître de l'eau”, “naître de l'esprit”…

Eau et Esprit voilà les symboles employés par Jésus. Les deux expriment l'action de l'Esprit Saint qui purifie et donne la vie, qui nettoie et ranime, qui étanche la soif et respire, qui adoucit et parle. Eau et Esprit sont une et même chose.

Prions le Seigneur :

Seigneur Jésus, comme Nicodème, nous sortons de la nuit de nos vies et nous venons à toi qui nous donnes la lumière, à toi qui as les paroles de vie éternelle.

Seigneur, prépare mon cœur à la venue de l’Esprit Saint ; qu’après avoir vécu la joie de ta Résurrection, je puisse recevoir la joie de ta présence et la laisser rayonner.

11/04/2021

Homélie pour le 2e Dimanche de Pâques

 

HOMÉLIE POUR LE 2ème DIMANCHE DU TEMPS PASCAL – ANNÉE B

DIMANCHE DE LA MISÉRICORDE DIVINE

11.04.2021

(Actes 4, 32-35, 1 Jean 5, 1-6 et Jean 20, 19-31)

Chers Frères et Sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui le dimanche de la miséricorde. Célébrer la miséricorde est célébrer l’amour de Dieu. C’est un amour qui nous est toujours donné malgré nos égarements, nos péchés. Comme le dit le pape François, « la miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre » (Misericordiae Vultus, n°2). Et c’est ce que Jésus a fait dès le jour de sa résurrection.

Nous sommes là aujourd’hui, comme les disciples de Jésus, qui se retrouvent aussi le soir du premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche de Pâques. Les apôtres sont confinés dans le lieu où ils étaient. Ils se cachent car ils ont peur d’être recherchés et condamnés comme leur Maître.

Mais voilà que Jésus rejoint ses apôtres dans leur enfermement. Il les calme et leur dit : « La paix soit avec vous ». Le premier don du ressuscité, c’est le don de la paix qui chasse la crainte et le doute. Cette paix n’est pas celle du monde, c’est la paix confiée comme un héritage précieux le soir du jeudi saint : «C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne»... Aujourd’hui il nous dit aussi à tous : « La paix soit avec vous ! » Malgré la crise sanitaire, malgré la solitude, malgré les menaces diverses, Jésus nous donne sa paix. En ce jour, prenons le temps de laisser cette parole de Jésus résonner dans notre cœur.

Après leur avoir donné la paix, Jésus ajoute, en disant à ses disciples : « Recevez l’Esprit-Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ». Donc Jésus donne à ses disciples l’Esprit de Dieu et la capacité de remettre les péchés. C’est un esprit de réconciliation, un esprit porteur de paix. « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie », poursuit le Seigneur. Ce que nous recevons, nous devons le communiquer par un cœur à cœur, dans notre monde marqué par la peur et par la maladie.

Mais voilà, Thomas n’était pas là. Il a exprimé aux autres disciples ses doutes sur l’apparition de Jésus : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croirai pas ! » Jésus a compris le désarroi de Thomas. Le dimanche suivant, il revient au milieu de ses disciples. Cette fois-ci Thomas est également présent. Jésus entre encore une fois et il s’adresse aussitôt à Thomas en l’invitant à toucher ses blessures de ses mains. Il ajoute : « Cesse d’être incrédule, sois croyant ».

La contemplation des blessures du Christ va toucher son cœur. Au point qu’il s’exclame : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est une formule forte ; presque jamais dans les évangiles Jésus n’est appelé : « Mon Dieu ». On dit plutôt : fils de Dieu, Messie, Maître… Mais ici la foi de Thomas atteint le maximum de la conscience et, à travers la nature humaine de Jésus, il voit la nature divine de celui-ci.

Il comprend le don de la miséricorde et de la bonté de Dieu. C’est pourquoi ce dimanche s’appelle Dimanche de la miséricorde. De même, nous sommes vraiment croyants lorsque nous nous laissons toucher de pitié, lorsque nous reconnaissons les souffrances qui nous entourent et que nous pouvons dire à quelqu’un, par notre compassion : ta souffrance me concerne ! En ce temps d’épidémie, Dieu nous communique sa miséricorde, pour que nous soyons miséricordieux. Il nous communique sa force pour que nous puissions rayonner l’amour. Il n’y a pas besoin de grandes connaissances, il suffit de lui faire confiance. Comme dit Jésus à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu crois ! Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jn 20,29).

Heureux, non pas ceux qui ont une claire idée de toute chose, qui ne se trompent jamais, qui ne sont jamais saisis par le doute, heureux plutôt ceux qui, malgré les peurs et l’incertitude, croient dans la force de l’Évangile et de l’amour qui naît de la parole. Heureux ceux qui se laissent saisir de pitié devant les blessures du mal et qui cherchent la résurrection!

Chers frères et sœurs,

Nous avons encore aujourd’hui un témoignage à donner au monde. Et la première communauté chrétienne nous donne un bel exemple : « la multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun » (Ac 4,32). L’amour, l’unité, le partage, la réconciliation caractérisaient la première communauté chrétienne. Et dans la deuxième lecture, saint Jean nous dit que lorsque nous aimons Dieu, nous accomplissons ses commandements (1 Jn 5,2). L’amour de Dieu et du prochain n’est-il pas le commandement par excellence ?

En ce dimanche de la miséricorde, laissons nos cœurs se remplir de l’amour et de la miséricorde de Dieu afin que nous puissions offrir à nos frères et sœurs la paix de Dieu.

Seigneur Jésus, toi qui es Lumière, toi qui es Paix, toi qui es Amour, mets en nos ténèbres ton esprit d’Amour. Amen !

10/04/2021

Samedi dans l'Octave de Pâques

 

ÉVANGILE : Mc 16, 9-15

Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s'affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table: il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Puis il leur dit: «Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création».

MÉDITATION :

Le passage de l’évangile que nous venons d’entendre est le dernier et la conclusion de l’évangile selon St Marc. Il s’inspire des trois autres évangiles. Cela fait croire que la rédaction particulière de ce passage provient d’un auteur inconnu. Celui-ci avait pour but de rappeler une série des apparitions du Seigneur ressuscité que ses lecteurs connaissaient déjà.

Comme ce résumé des apparitions du Ressuscité emprunte aux trois autres évangiles, il est certainement postérieur à ceux-ci. Le plus récent étant celui de Jean, vers l’an 95, l’auteur de cet ensemble l’a rédigé autour de l’an 100, probablement à Rome, lieu de la rédaction de l’Évangile de Marc.

Dans ce passage, l’auteur récapitule ici différents moments où Jésus, ressuscité, se montre aux femmes, aux disciples, aux Onze. 

1. D’abord, l’apparition du Ressuscité à Marie Madeleine résume le récit détaillé qu’on lit dans Jean 20,11-18. À ce résumé, on signale la peine de « ceux qui avaient vécu avec lui (Jésus) ; ils s’affligeaient et pleuraient.» Mais on ajoute le triste refrain qu’on entendra à la suite des deux apparitions suivantes : ils refusent de croire le témoignage de Marie que le Christ est vivant.

2. Ensuite, L’apparition du Ressuscité à deux disciples « qui étaient en chemin pour aller à la campagne » condense le long récit de Luc 24,13-35, à propos des disciples qui se rendaient à Emmaüs. Ces deux disciples revinrent à Jérusalem pour l’annoncer aux autres qui ne les crurent pas non plus.

3. Enfin, ce condensé des apparitions rapporte celle du Ressuscité aux onze disciples, telle que la relatent les deux évangiles de Luc 24,36-42 et de Jean 20,19-23. Avec plus d’insistance, l’auteur souligne encore le refus des disciples de croire, que le Ressuscité lui-même déplore: « Il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité.»

4. Ainsi, l’Évangile d’aujourd’hui nous donne un bref résumé des trois apparitions du Christ ressuscité le jour de Pâques : la rencontre matinale avec Marie-Madeleine, celle de l’après-midi avec les deux disciples d’Emmaüs, et l’apparition aux onze apôtres pendant le dîner. Le point commun de ces trois apparitions, c’est la méfiance ou le refus des apôtres : ceux-ci refusent de croire Marie-Madeleine et les disciples d’Emmaüs. À la fin de la journée, quand Jésus leur apparaît, il leur reproche leur incrédulité. Ce refrain pénible sur le refus de croire exprime une préoccupation majeure de l’auteur qui a rédigé ce résumé des apparitions.

5. Que c’est difficile de croire ! La foi n’est pas une évidence. La foi, c’est croire sans voir, c’est faire confiance en la parole des témoins qui ont vu Jésus ressuscité. Le témoignage de ceux qui l’ont vu ressuscité a franchi deux mille ans et est arrivé jusqu’à moi.

Nous faisons face, aujourd’hui, au même défi qu’il y a plus de deux mille ans : dans quelle mesure sommes-nous capables de croire les témoins du Ressuscité ?

Pour moi, il est plus facile de croire que les apôtres, parce que ce n’est pas seulement une ancienne prostituée et deux exaltés qui m’ont transmis le message, mais des générations et des générations de chrétiens, de martyrs, de saints. Je peux croire parce que je fais confiance à mes parents, qui m’ont transmis la foi, et aux personnes proches de Dieu que j’ai pu rencontrer tout au long de ma vie. Merci, Seigneur, d’avoir pu entendre tellement de témoins de ta Résurrection !

6. Cependant, Jésus ne regarde pas notre passé. Il ne s’embarrasse pas de nos cœurs endurcis ou de notre peu de foi. Malgré nos cœurs fragiles, malgré nos maladresses, malgré notre foi ébranlée, Jésus le Ressuscité nous tend la main et nous invite à entrer dans la pleine lumière de Dieu en confiant à chacun la joie d’annoncer la Bonne Nouvelle à l’ensemble de la création.

Prions le Seigneur:

Merci mon Dieu pour tout ce que Tu as fait pour moi et pour m’avoir sauvé. Comme la Sainte Vierge, je veux chanter Tes merveilles et les chanter à ceux que Tu mettras sur mon chemin. Donne-moi de te rencontrer ! Que la joie dont déborde mon cœur et que Tu m’as transmise puisse toucher d’autres cœur qui, sans le savoir, T’attendent et qui ont soif de Toi !

Sainte Vierge Marie, je t’en prie, donne-moi de rencontrer ton Fils !

09/04/2021

Vendredi dans l'Octave de Pâques

 

ÉVANGILE : Jn 21,1-14

Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment. Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie: Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples. Simon-Pierre leur dit: «Je m'en vais à la pêche». Ils lui répondent: «Nous allons avec toi». Ils partirent et montèrent dans la barque; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.

Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus les appelle: «Les enfants, auriez-vous un peu de poisson?». Ils lui répondent: «Non». Il leur dit: «Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez». Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: «C'est le Seigneur!». Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau. Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons; la terre n'était qu'à une centaine de mètres.

En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit: «Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre». Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons: il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. Jésus dit alors: «Venez déjeuner». Aucun des disciples n'osait lui demander: «Qui es-tu?». Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson. C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.

MÉDITATION :

L’Évangile de ce jour nous rapporte la 3ème apparition de Jésus ressuscité à ses disciples. Cet événement a lieu sur les rives du lac de Galilée. Tout commence par une décision de Simon Pierre d’aller à la pêche, son ancien métier et les autres l'ont accompagné. Encore une fois, ils passent une nuit sans rien prendre. Jésus leur apparaît et accomplit de nouveau ce qu'il a déjà fait: une pêche miraculeuse. Ils découvrent Jésus.

1. L’Évangile d’aujourd’hui commence de nuit. Pour saint Jean, la nuit peut indiquer aussi les ténèbres, la nuit intérieure, l’absence de Dieu, la solitude et le dénuement, la tentation. Tel est l’état intérieur des disciples. Ils sont encore dans la crainte, bien qu’ils soient sortis du cénacle et soient retournés en Galilée. La nuit est le moment la plus propice pour la pêche. Mais Pierre et ses confrères sont seuls, réduits à leurs propres moyens ; aussi leur travail est stérile: « Cette nuit-là, ils ne prirent rien

2. Il sont sept, un nombre qui symbolisait autrefois la totalité. Ils représentent donc les croyants de cette époque et de tous les temps. Ils se trouvent dans le même bateau ; ils ont suivi Simon-Pierre. Les six autres disciples manifestent leur solidarité et leur unité dans ce travail sous la direction de Pierre, lorsqu’ils s’écrient : « Nous y allons avec toi

3. Aucun des disciples ne reconnaît Jésus sur le rivage. Celui-ci leur fait prendre conscience d’abord du résultat décevant de leur travail et de leur pauvreté : « Avez-vous pris du poisson ? » Ils ne peuvent qu’avouer leur pénurie et leur impuissance. Cet inconnu leur donne l’ordre de jeter le filet du côté droit. Ils n’ont aucune garantie relative à cet inconnu. Même s’ils ne savent pas encore que c’est le Seigneur qui leur parle, ils se montrent disponibles et permettent au Seigneur d’intervenir efficacement, grâce à leur obéissance. La parole du Seigneur, suivie de l’obéissance des disciples, produit un résultat qui dépasse toute espérance.

4. L’Évangile nous parle de 153 poissons. Ce chiffre symbolique correspond au nombre d’espèces de poissons connues à l’époque. Le nombre et la diversité des poissons n’empêchent pas l’unité de la Communauté chrétienne, symbolisée par cet ensemble de poissons, rassemblés dans le même filet. C’est aussi une manière de rappeler la mission universelle à ceux qui seront appelés à devenir « pêcheurs d’hommes ». Mais il ne faut pas oublier que cette pêche extraordinaire n’a été possible qu’avec le Seigneur. Ils ont jeté les filets mais c’est lui qui les a remplis.

C’est vrai pour tout travail missionnaire : nous sommes envoyés pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile, mais c’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qui l’entendent.

5. « Le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : ‘’C'est le Seigneur ! ’’». Ce disciple nous connaissons bien c’est Jean. Jean reconnaît le premier le Seigneur, car c’est l’amour qui lui permet de le connaître et de le reconnaître.

Pour ressentir l’amour de Dieu, se sentir particulièrement aimé de Jésus, il faut l’aimer aussi. L’amour donné et ressenti suscite l’amour en retour de la créature à son créateur. C’est ce lien qui permet de reconnaître Dieu. Nous sommes aveugles à lui si nous ne l’aimons pas, ou si, du moins, nous ne cherchons pas à l’aimer. En aimant on connaît mieux et réciproquement. Il en est de même pour Jésus. Pour reconnaître, son pas, sa voix, son odeur, désirons qu’il soit pour nous le bien-aimé ou la bien aimée.

6. Une fois revenus à terre, les disciples trouvent un feu, avec du pain et du poisson ; tout est prêt pour le repas. Le Ressuscité lui-même nourrit les siens pour la mission qu’ils auront à accomplir.

Conclusion :

Les sept disciples représentent les chrétiens de tous les siècles. L’enseignement du Ressuscité dans les signes de la pêche miraculeuse et du repas qu’il offre s’adresse à nous tous. 

+ Notre disponibilité à correspondre à la parole du Seigneur apparaît comme la condition de notre épanouissement spirituel et de notre succès apostolique. 

+ La nourriture (l'eucharistie) qu’il nous donne renouvellera sans cesse nos forces pour accomplir son œuvre.

Prions le Seigneur :

Seigneur, en ce temps de commémoration de la Résurrection, je veux apprendre à te voir à l’œuvre dans ma vie. Aide-moi à prendre du temps pour toi pour savoir t’aimer, afin qu’en créant ce lien, je te reconnaisse, et que j’aie le courage de courir au-devant de toi pour que tu sois ma joie!

En cette journée, Seigneur, je veux te regarder comme ces amis, cet époux/cette épouse, ces enfants, ces frères et sœurs que tu m’as donnés à aimer. Comme pour eux je veux prendre du temps pour prier, te connaître et t’aimer, et ainsi construire ce lien, reconnaître ta voix, reconnaître ton pas.

08/04/2021

Jeudi dans l'Octave de Pâques

 

ÉVANGILE : Lc 24,35-48

A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit: « La paix soit avec vous! ». Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit: « Pourquoi êtes-vous bouleversés? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous? Voyez mes mains et mes pieds: c'est bien moi! Touchez-moi, regardez: un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai ». Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement. Jésus leur dit: « Avez-vous ici quelque chose à manger? ». Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux.

Puis il déclara: « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous: Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes ». Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. Il conclut: « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture: les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins ».

 

MÉDITATION :

L’évangile de ce jour nous rapporte ce qui s’est passé à la suite de la rencontre de Jésus avec les disciples d’Emmaüs. C’était au soir du premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche de Pâques.

1. Aujourd'hui le Christ ressuscité salue à nouveau les disciples et leur souhaite la paix: « La Paix soit avec vous! » (Lc 24,36). Il vient leur redonner force et courage. C’est grâce à ce don de la paix que les apôtres ont pu devenir des témoins de la foi.

Célébrer la Pâques en ce temps du confinement, quelle paix que vous avez recu du Christ Ressuscité ? Ce n’est pas l’absence des difficultés, sinon la tranquillité de l’ordre (St Augustin) dans nos cœurs. On se met devant Dieu comme on est, et on découvre le Christ comme il est : sauveur, Ami, Seigneur. C’est la paix intérieure, la paix avec Dieu et avec son plan providentiel.

2. Dans deux de ces récits d’apparition après la résurrection que Luc nous raconte - celui des disciples d’Emmaüs et celui d’aujourd’hui - Jésus termine la rencontre par une explication des Écritures afin que les disciples puissent comprendre ce qui se passe. «Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures». Cela veut dire que ce n’est que lorsque le Seigneur explique les Écritures et qu’il partage le pain avec eux qu’ils le reconnaissent et qu’ils comprennent le sens des événements.

Le Christ ressuscité nous invite à lire les Écritures pour mieux connaître Dieu et pour mieux comprendre le sens de notre vie. Les Écritures nous aident à voir plus en profondeur. Elles s’adressent non seulement à notre intelligence mais aussi à notre cœur.

3. Les anciens disaient qu’il n’y a pas de chrétiens sans la méditation de l’Écriture. La Parole de Dieu doit devenir pour nous une nourriture de tous les jours. Nous en avons besoin pour affermir notre foi et retrouver le véritable sens de notre existence. Daniel-Ange, un auteur italien, disait : «La Parole de Dieu doit être goûtée dans le silence, creusée par l’étude, assimilée dans la prière, célébrée dans la liturgie, vivifiée dans la vie fraternelle, annoncée dans la mission… jusqu’à devenir notre langue maternelle

La parole de Dieu peut éclairer l’ensemble de notre existence. La parole de Dieu devient pour ceux qui savent la lire, une parole de sagesse, de consolation, de courage et de fraternité. Elle nous nourrit de dimanche en dimanche, de semaine en semaine et nous apporte la joie, la sérénité et la paix.

4. Nous vivons aujourd’hui dans un monde si bouleversé que, de plus en plus, les gens se tournent vers les choses spirituelles. Ils sont en recherche de quelque chose qu’ils ne peuvent décrire mais qui pourrait leur apporter la paix intérieure. A la recherche d’autre choses, de nouvelles recettes pour donner du sens à leur existence et se sentir mieux.

En tant que chrétiens, nous avons la Parole puissante de Dieu qui est une vraie boussole pour trouver le chemin qui mène au bonheur. Alors que certains sont en recherche, alors que le moment viendra où il y aura cette famine spirituelle, que faisons-nous aujourd’hui de la Parole de Dieu ? Quelle place a-t-elle dans notre vie ? Sommes-nous de simples lecteurs de la Bible ou la Parole a-t-elle un impact dans notre existence ? A-t-elle pris vie en nous ?

5. Oui, nous avons à notre disposition la Parole de Dieu. Nous l’avons sous divers format : en papier, en numérique, dans nos bibliothèques, dans nos portables, dans nos ordinateurs. Mais finalement, quel impact a-t-elle dans notre vie ? De plus en plus, nous constatons que dans beaucoup de foyers, le culte de famille est totalement absent. On ne se réunit plus pour l’écoute de la Parole de Dieu.

Aujourd’hui, il ne suffit pas de posséder la Bible. Il faut y découvrir un homme : Jésus qui veut marcher avec nous chaque jour.

Prions le Seigneur:

Jésus, tu as porté nos fautes, tu as souffert et tu es mort. Et nous n’avons pas compris ton amour. Aujourd’hui je veux renouveler ma confiance et ma foi en la puissance de tes plaies et te remercier de leur existence. Merci de m’associer à tes souffrances qui ouvrent la porte de la Résurrection et de la communion de vie en Dieu. Donne-moi faim et soif de ta Parole! C’est vrai, je n’ai pas toujours trouvé cette Parole délicieuse. Mais je souhaite, par ta grâce, commencer chaque journée avec ta Parole avant de faire toute autre activité. Aide-moi chaque jour à retrouver le goût de lire et d’étudier ta Parole. Amen.

07/04/2021

Mercredi dans l'Octave de Pâques

 

ÉVANGILE : Lc 24, 13-35

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

MÉDITATION :

L’Évangile d’aujourd’hui nous ramène au troisième jour après la mort de Jésus : deux disciples revenaient de Jérusalem. Ils avaient été témoins de la Passion et de la mort de leur maître. Pour eux, tout était fini. C’était la fin d’une grande espérance. Saint Luc précise que l’un d’eux s’appelait Cléophas ; il ne dit pas le nom du deuxième. Mais si nous relisons cet Évangile dans notre contexte, nous pouvons dire que ce deuxième disciple c’est chacun de nous.

En effet, nous sommes souvent ce disciple marqué par la tristesse et le découragement. C’est ce qui arrive quand nous voyons notre vie de tous les jours comme une défaite.

L'histoire commence brusquement par ces deux disciples qui sont sur le chemin d'Emmaüs. Jésus s’approche d’eux et les rejoint. Ils ne le reconnaissent pas : leurs yeux sont aveuglés par la tristesse et la déception. Le même Christ nous rejoint sur nos routes. Quand tout va mal, il est là. Mais trop souvent, nous ne le reconnaissons pas car nous sommes ailleurs. Et pourtant, il est toujours là, prêt à nous écouter. Nous pouvons lui crier notre souffrance, notre déception, notre tristesse.

C’est alors qu’il intervient pour nous expliquer les Écritures… C’est à cela que nous sommes tous appelés : accueillir le Christ, nous laisser transformer par son Évangile. Saint Luc précise que le cœur des disciples était brulant tandis qu’il leur parlait.

La Parole de Dieu est un des moyens par lequel Jésus se rend présent auprès de nous. C’est par la Parole qu’il nous parle dans notre prière et nous encourage à poursuivre notre chemin. Il vient réchauffer nos cœurs parfois refroidis et endurcis par le découragement et le pessimisme. Il nous redonne par son Évangile la force, l’espérance et l’envie de continuer à se donner. Mettons-nous à l’écoute du Seigneur comme les disciples d’Emmaüs. 

A la lumière des Écritures les disciples d’Emmaüs pourront le reconnaître par le geste qu’il va faire. Mais le geste de la fraction du pain est une réponse à ce qu’ils viennent de demander: Reste avec nous car le soir vient et la journée est déjà avancée.” C’est la fraction du pain qui est la réponse finale à cette demande. Jésus n’a plus besoin d’être visible: il est là.

L’Eucharistie est le plus beau trésor que Jésus nous a laissé. C’est le trésor de sa présence en tant que Christ vivant et ressuscité parmi nous dans le pain et le vin consacrés. Il garde ainsi sa promesse : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mt 28,20) C’est par l’Eucharistie que les disciples d’Emmaüs ont été guéris de leur aveuglement : leurs yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent. C’est par l’Eucharistie qu’ils sont entrés en communion à nouveau avec l’Église réunie à Jérusalem : « À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. » Remercions le Seigneur pour ce magnifique trésor de sa présence.

Pour reconnaître le Christ ressuscité, présent dans notre vie, il nous faut le regard de la foi, une foi réchauffée par la Parole de Dieu et l’Eucharistie. C’est ainsi que le Christ ressuscité nous rejoint au cœur de nos vies pour raviver et fortifier notre espérance. Marchons dans l'espoir de savoir que le Seigneur nous aide à trouver un sens à tout événement. 

Avec les disciples d'Emmaüs redisons souvent à Jésus : "Reste avec nous Seigneur, car il se fait tard…" Oui, reste avec nous, surtout quand se lève le vent de la nuit, le vent du doute et du désespoir et fais nous voir alors la clarté de ton visage afin que nous devenions de vrais témoins de ton amour.

06/04/2021

Mardi dans l'Octave de Pâques

 

ÉVANGILE : Jn 20,11-18

Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui demandent: « Femme, pourquoi pleures-tu? ». Elle leur répond: « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis ». Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? ». Le prenant pour le gardien, elle lui répond: « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre ». Jésus lui dit alors: «Marie!». Elle se tourne vers lui et lui dit: «Rabbouni!» ce qui veut dire: «Maître» dans la langue des Juifs. Jésus reprend: « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ». Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples: « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit ».

MÉDITATION :

Aujourd’hui, en lisant et en méditant la Parole de Dieu dans le silence total de nos confinements, l’évangile de ce jour nous montre que nous ne sommes pas les premiers ni les seuls à avoir fait cette expérience. Même les premiers disciples et apôtres étaient confinés à domicile, à l’annonce de la résurrection du Seigneur.

Seule Marie Madeleine, une femme courageuse se rend au tombeau de grand matin du lendemain de la mort de Jésus, dans les ténèbres. Elle n’a pas peur des menaces qui pèsent sur les disciples de Jésus. Mais en arrivant au tombeau, elle voit qu’il est ouvert et vide.

Après être allée avertir les disciples, elle est retournée au tombeau où elle pleure. Elle pleure, inconsolable parce que non seulement Jésus est mort, mais en plus parce que son corps a été volé. Double injustice ! Sa tristesse est si grande qu’elle n’est pas surprise d’apercevoir deux anges… Elle ne reconnaît même pas Jésus… ressuscité ! Il faut que Jésus l’appelle par son nom et alors elle le reconnaît et lui dit en araméen: « Rabbouni », cela veut dire « Maître », un titre plus solennel que Rabbi. C’est sa profession de foi: elle a retrouvé son Maître.

Marie-Madeleine pleure, car elle a perdu celui qui l’avait délivrée de la lapidation quelques mois plus tôt. Elle avait été le témoin de la miséricorde de Dieu qui ne regarde pas le péché des hommes mais vient les en délivrer. Depuis cette première rencontre, Marie avait suivi Jésus comme un disciple suit son maître. Elle a constaté la mort de Jésus : elle était là lors de la descente de croix ; elle a assisté à la mise au tombeau ; elle a vu la pierre rouler sur son entrée, et le corps de son maitre est disparu. Elle est prête à aller le chercher. Elle est certainement pour l’évangile de Jean un modèle de disciple. Elle a une foi qui ne s’arrête pas avec la mort et c’est une foi aimante. C’est son amour qui lui fait reconnaître le Christ quand il prononce son nom et lui répond: « Rabbouni ». C’est le titre qui contient toute la foi, la fidélité et l’amour d’un vrai disciple.

En plus d’être la première à voir le Christ ressuscité elle est la première à recevoir la mission d’aller annoncer aux disciples, qui sont maintenant ses frères, non seulement la Résurrection du Seigneur, mais encore son Ascension : « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Oui, elle est choisie et appelée par Jésus pour aller annoncer aux Douze qu’elle l’a vu vivant.

La première leçon à tirer est claire et tout un défi aussi : ce que Jésus recherche en premier, c’est d’être aimé pour lui-même. Marie Madeleine a tellement aimé Jésus qu’elle a consacré toute sa vie à le suivre sur les routes de la Galilée, jusque dans sa passion, jusqu’à la croix, jusqu’à sa mise au tombeau. Elle s’est vidée d’elle-même. Et à la levée du jour, Jésus la nomme par son nom Marie. Ce jour fut le plus foudroyant de sa vie parce qu'il a fait en elle toute chose nouvelle (cf. Ap 21,15).

La seconde leçon est une mission : rencontrer le Ressuscité nous pousse à le dire sur nos routes. La mission de tout disciple du Christ est toujours le rayonnement d'une rencontre personnelle avec le Seigneur, mort et ressuscité pour sauver toute l'humanité.

Puissions-nous, en ce temps pascal, vivre cette expérience de la joie de la rencontre avec le Christ. C'est une expérience qui fait de nous des témoins et des porteurs d'une joie à partager avec tous.

Comme Marie-Madeleine, il faut nous retourner pour reconnaître Jésus puis courir non pour prononcer un beau discours sur le ressuscité, mais pour être son visage rayonnant de vie. 

Prions le Seigneur :

Seigneur Jésus, je crois que tu es ressuscité. Je crois que tu es présent auprès de moi tous les jours, en particulier en ce temps de confinement. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mt 28, 20) Comme Marie-Madeleine je veux chercher ta présence dans ma vie, dans cette journée que tu me donnes de vivre. Aide-moi à ouvrir les yeux de la foi et de l’espérance pour te voir dans mes frères, dans ta Parole, dans les sacrements de l’Église, dans les grâces que tu me donnes au cours de cette journée. Je veux me réconcilier avec toi afin que tu puisses me transformer jour après jour comme tu as transformé sainte Marie-Madeleine.