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13/08/2026

 

Homélie – Jeudi de la 19e semaine du TOA

Messe en l’honheur de Notre Dame de Fatima  (13/08)

Ez 12, 1-12 ; Ep 1, 3-6.11-12 et Mt 18, 21 – 19, 1

Frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous avons la joie de nous retrouver nombreux, venus de différentes régions de l’île Maurice, ici à l’église du Sacré-Cœur de Rivière des Anguilles, pour honorer Notre-Dame de Fatima.

Nous sommes à la veille de la fête de l’Assomption. Et dans quelques jours, nous célébrerons aussi la fête de saint Louis. Mais aujourd’hui, notre regard se tourne particulièrement vers Marie, Notre-Dame de Fatima, cette Mère qui nous rassemble et qui nous conduit toujours vers Jésus.

Et les lectures de ce jour nous donnent un message très simple : Dieu nous appelle à changer notre cœur, à accueillir son pardon et à devenir nous-mêmes des témoins de son amour.

Dans la première lecture, le prophète Ézékiel reçoit une mission un peu étonnante. Dieu lui demande de préparer ses affaires et de partir comme quelqu’un qui doit quitter son pays. Pourquoi ? Parce que Dieu veut donner un signe à son peuple.

Le peuple s’était éloigné de Dieu. Il avait entendu beaucoup de paroles, mais il ne changeait pas vraiment sa manière de vivre.

Cela peut aussi nous arriver. Nous venons à la messe, nous prions, nous faisons des pèlerinages, nous déposons de belles fleurs devant la statue de Marie… et tout cela est très beau. Mais la question que Dieu nous pose aujourd’hui est : est-ce que quelque chose change dans notre cœur ? Parce que Marie ne nous demande pas seulement de déposer des fleurs devant sa statue. Elle nous conduit à Jésus. Et Jésus nous demande de déposer devant lui autre chose : nos rancunes, nos blessures, nos colères, nos divisions et notre difficulté à pardonner.

Et c’est justement le cœur de l’Évangile. Pierre demande à Jésus : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Pierre pense probablement être très généreux. Sept fois ! C’est déjà beaucoup ! Mais Jésus lui répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Autrement dit : ne compte pas. Pardonne. Jésus ne nous demande pas de faire des mathématiques avec le pardon. Parce que dans une famille, dans un couple, dans une communauté, dans un quartier, même dans une paroisse, si nous commençons à compter : « Il m’a fait cela trois fois… moi, je lui ai pardonné deux fois… maintenant c’est fini ! », nous allons rapidement construire des murs entre nous.

Jésus nous dit : le pardon n’est pas un calcul ; le pardon est un chemin. Et nous savons que ce n’est pas toujours facile.

Il y a des blessures profondes. Une parole qui a fait mal. Une trahison. Une injustice. Une dispute dans la famille. Des frères et sœurs qui ne se parlent plus. Des voisins qui se regardent avec méfiance. Parfois même, dans nos communautés chrétiennes, nous pouvons garder longtemps une rancune dans notre cœur.

Alors aujourd’hui, Notre-Dame de Fatima nous invite à regarder Jésus et à lui dire simplement : « Seigneur, je veux pardonner, mais aide-moi. Mon cœur n’y arrive pas encore. » Et cette prière-là est déjà un commencement.

La deuxième lecture nous donne une autre lumière : saint Paul nous dit que Dieu « nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints ».

Voilà une très belle vérité : nous sommes choisis et aimés par Dieu. Nous ne sommes pas ici par hasard. Nous ne sommes pas simplement une foule réunie pour une belle célébration mariale. Chacun de nous est précieux aux yeux de Dieu. Et Marie nous rappelle cela.

À Fatima, Marie est venue appeler ses enfants à la prière, à la conversion et à la paix. Son message nous ramène toujours à l’essentiel : revenons à Dieu, prions, changeons notre cœur et vivons dans son amour.

Alors, frères et sœurs, lorsque tout à l’heure nous déposerons nos fleurs devant Notre-Dame de Fatima, nous pouvons faire de ce geste une véritable prière. En déposant une fleur, nous pouvons intérieurement déposer une personne que nous avons du mal à pardonner. Nous pouvons déposer une blessure de notre famille. Nous pouvons déposer une inquiétude concernant un enfant ou un jeune. Nous pouvons déposer une difficulté dans notre couple. Nous pouvons déposer une division qui existe dans notre communauté. Nous pouvons déposer notre propre cœur devant Marie et lui dire : « Marie, conduis-moi vers Jésus. Apprends-moi à pardonner. Apprends-moi à aimer comme Jésus. »

Et ce soir, lorsque nous ferons la procession avec Notre-Dame de Fatima dans la cour de l’église, rappelons-nous que Marie ne veut pas seulement être portée dans nos mains ; elle veut aussi nous conduire dans notre vie.

La procession va passer dans la cour de l’église, mais après la messe, chacun de nous va retourner dans sa maison, dans sa famille, dans son travail, dans son quartier.

C’est là que notre procession continue. Elle continue lorsque nous décidons de faire le premier pas vers quelqu’un. Elle continue lorsque nous disons : « Je suis désolé. » Elle continue lorsque nous acceptons de pardonner. Elle continue lorsque nous choisissons la paix plutôt que la dispute. Elle continue lorsque nous prions pour quelqu’un qui nous a fait du mal.

Voilà peut-être la plus belle manière d’honorer Notre-Dame de Fatima.

Frères et sœurs, nous sommes nombreux aujourd’hui. Des personnes venues de partout à Maurice. C’est une grande grâce. Mais que cette foule ne reste pas seulement une belle image pendant quelques heures.

Que nous repartions avec un cœur renouvelé. Que Marie nous aide à comprendre que le plus beau cadeau que nous puissions offrir à Jésus, ce n’est pas seulement une fleur, mais un cœur qui accepte de pardonner.

Demandons donc cette grâce à Notre-Dame de Fatima : Marie, apprends-nous à prier. Marie, apprends-nous à pardonner. Marie, apprends-nous à aimer. Marie, conduis-nous toujours vers Jésus. Et fais de nos familles et de notre île Maurice des lieux de paix, de fraternité et de réconciliation. Amen.

Mercredi de la 19e semaine du TOA

Homélie – Mercredi de la 19 semaine du TOA – Année paire

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal

Ez 9, 1-7 ; 10, 18-22 – Mt 18, 15-20

Frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Église nous fait célébrer sainte Jeanne-Françoise de Chantal, une femme qui a connu les joies, mais aussi les épreuves de la vie : elle a été épouse, mère, veuve, puis religieuse. Avec saint François de Sales, elle a fondé l’Ordre de la Visitation.

Et l’Évangile d’aujourd’hui nous donne une parole très concrète : « Si ton frère a fait une faute contre toi, va lui parler seul à seul. »

Remarquons bien : Jésus ne dit pas : « Va raconter son problème à tout le quartier ! » Il ne dit pas non plus : « Mets son nom dans le groupe WhatsApp! » Il dit : « Va lui parler seul à seul. » C’est simple… mais pas toujours facile !

Dans nos familles, dans nos communautés, au travail, parfois même dans nos paroisses, il peut y avoir des blessures, des malentendus, des paroles qui font mal. Et souvent, au lieu d’aller directement voir la personne, nous faisons le contraire : nous racontons l’histoire à quelqu’un d’autre… puis à un autre… et finalement tout le monde connaît l’histoire, sauf la personne concernée !

Jésus nous propose un autre chemin : le dialogue, la correction fraternelle et le pardon.

La première lecture, avec le prophète Ézékiel, nous montre une situation où le peuple s’est éloigné de Dieu. La gloire du Seigneur quitte le Temple. C’est une image forte : quand le cœur de l’homme se ferme à Dieu, quelque chose se brise dans la communauté.

Mais Jésus nous rappelle aujourd’hui que nous avons une responsabilité les uns envers les autres : ne pas laisser nos relations se détériorer. Et il ajoute une parole magnifique : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Cela veut dire que Jésus est présent quand deux personnes acceptent de se retrouver, de se parler sincèrement, de chercher la paix.

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal a justement vécu cet esprit. Elle a traversé des épreuves, des deuils, des incompréhensions. Mais elle a appris à mettre son cœur entre les mains de Dieu et à avancer dans l’amour et la patience.

Alors, aujourd’hui, demandons-lui de nous aider à construire des familles et des communautés où l’on ne garde pas les rancunes, où l’on ne fait pas circuler les histoires, mais où l’on ose se parler avec respect.

Peut-être qu’il y a quelqu’un avec qui nous devons faire la paix.
Peut-être qu’il faut simplement faire le premier pas et dire : « Excuse-moi. Parlons. »

Et n’oublions pas la promesse de Jésus : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal, prie pour nous. Apprends-nous à avoir un cœur patient, humble et miséricordieux, afin que dans nos familles, dans notre paroisse et dans notre société, l’amour soit plus fort que les divisions. Amen.

Mardi de la 19e semaine du TOA

Homélie – Mardi de la 19 semaine du TOA

Fête de sainte Claire, vierge (11/08)

Ez 2, 8 – 3, 4 ; Mt 18, 1-5.10.12-14

Frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous célébrons sainte Claire d’Assise. Et en regardant sa vie, on peut se poser une question toute simple : qu’est-ce qui a séduit Claire ?

Claire était une jeune fille de famille noble. Elle aurait pu avoir une vie confortable, une belle maison, une situation tranquille. Mais elle rencontre saint François d’Assise et elle découvre quelque chose de beaucoup plus grand : une vie simple, pauvre, entièrement donnée au Christ.

Et Claire fait un choix étonnant pour son époque : elle renonce au confort et à la richesse pour suivre Jésus. Elle découvre que si Jésus est notre trésor, nous n’avons pas besoin de posséder beaucoup pour être heureux.

C’est justement ce que nous entendons dans l’Évangile. Les disciples demandent à Jésus : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? »

Jésus aurait pu leur répondre : « Celui qui connaît le plus de choses, celui qui a le plus d’argent, celui qui a le plus de pouvoir. » Mais non ! Jésus appelle un petit enfant, le place au milieu d’eux et dit : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.»

Voilà le chemin de sainte Claire. Devenir petit devant Dieu.

Devenir petit, ce n’est pas être faible. C’est reconnaître humblement : « Seigneur, j’ai besoin de toi. Sans toi, je ne peux pas avancer. »

Et devenir pauvre, ce n’est pas seulement avoir moins de biens. C’est surtout ne pas devenir esclave de ce que nous possédons.

Aujourd’hui, nous vivons dans une société où l’on nous dit souvent : « Il faut avoir plus : plus d’argent, plus de confort, une plus belle maison, une plus belle voiture, les dernières nouveautés… »

Mais sainte Claire nous pose une question : « Et Jésus, quelle place a-t-il dans ta vie ? » Parce que nous pouvons avoir beaucoup de choses et être pauvres dans notre cœur. Et nous pouvons avoir peu de choses, mais être profondément heureux parce que Dieu habite notre cœur.

Claire avait peu de biens, mais elle avait un grand trésor : Jésus-Christ.

Et l’Évangile nous donne encore une très belle parole : « Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. » Quelle consolation !

Peut-être qu’aujourd’hui quelqu’un se sent petit, oublié, découragé. Peut-être quelqu’un se dit : « Est-ce que Dieu pense encore à moi ? »

Jésus nous répond : « Oui. Tu as du prix à mes yeux. Je te cherche. Je ne veux pas te perdre. »

Sainte Claire a connu la maladie et les difficultés pendant de nombreuses années. Mais elle n’a jamais perdu sa confiance. Elle est restée fidèle à la prière, à l’Eucharistie et à Jésus. À la fin de sa vie, elle a simplement dit : « Toi, Seigneur, qui m’as créée, béni sois-tu. »

Frères et sœurs, voilà peut-être le message de sainte Claire pour nous aujourd’hui : Avoir moins pour aimer davantage. Être petits pour laisser Dieu être grand. Nous détacher des choses pour nous attacher au Christ.

Demandons à sainte Claire de nous aider à découvrir, nous aussi, que Jésus est notre véritable richesse, notre véritable sécurité et notre véritable bonheur. Amen.

10/08/2026

Homélie du 19e dimanche du TOA

 
Homélie – 19e dimanche du Temps ordinaire – Année A

1 R 19, 9a.11-13a ; Ps 84 ; Rm 9, 1-5 ; Mt 14, 22-33

Frères et sœurs,

Nous connaissons tous ces moments où notre vie ressemble à une barque secouée par les vagues. Une maladie, un problème dans la famille, un deuil, une difficulté financière, une inquiétude pour un enfant, un découragement… Et parfois, nous nous demandons : « Seigneur, où es-tu ? »

L’Évangile d’aujourd’hui nous donne une réponse simple : même au milieu de la tempête, Jésus est là.

Dans la première lecture, le prophète Élie cherche Dieu, car il traverse une période très difficile. Il est découragé. Alors il s'attend à le rencontrer dans quelque chose d'extraordinaire : un vent violent, un tremblement de terre, un feu impressionnant. Mais Dieu n'est ni dans le vent, ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre. Dieu se fait reconnaître dans le murmure d'une brise légère... presque dans le silence.

C'est une grande leçon pour nous. Nous aussi, souvent, nous attendons que Dieu règle nos problèmes d'un seul coup. Nous aimerions un miracle spectaculaire. Nous lui disons : « Seigneur, enlève cette maladie. Résous ce conflit. Fais disparaître cette difficulté. » Et quand rien ne change tout de suite, nous pensons parfois que Dieu nous a oubliés.

Mais Dieu agit souvent autrement. Il nous donne la force de continuer. Il met sur notre route une personne qui nous écoute. Il inspire une parole de réconciliation. Il apporte une paix intérieure que personne ne peut expliquer.

Dieu travaille dans la douceur. La question est donc : savons-nous faire un peu de silence pour écouter cette voix discrète ?

Dans nos journées remplies de bruit, de télévision, de téléphone, de réseaux sociaux, de préoccupations, il devient difficile d'entendre cette petite voix qui nous dit : « N'aie pas peur, je suis avec toi. »

Dans l'Évangile d’aujourd’hui, les disciples sont en pleine tempête. Puis ils voient Jésus marcher sur les eaux.

Pierre demande à aller vers lui. Au début, tout va bien. Pourquoi ? Parce que Pierre regarde Jésus. Mais dès qu'il regarde le vent et les vagues, il prend peur. Il commence à s'enfoncer. N'est-ce pas exactement ce qui nous arrive ?

Quand nous regardons seulement nos problèmes, ils deviennent immenses. Quand nous regardons seulement les mauvaises nouvelles, les violences, les divisions, les difficultés économiques ou familiales, nous finissons par croire qu'il n'y a plus d'espérance. Alors nous coulons intérieurement.

Mais ce qui est beau dans cet Évangile, c'est que Pierre ne fait pas un long discours. Il pousse simplement un cri : « Seigneur, sauve-moi ! » Et immédiatement, Jésus lui tend la main.

Remarquez bien : Jésus ne fait pas disparaître la mer. Il ne fait pas disparaître les vagues tout de suite. Mais il saisit Pierre par la main. Voilà la foi. La foi ne supprime pas toutes les tempêtes de notre vie. La foi nous assure que, dans chaque tempête, Jésus est avec nous. Il nous tend la main. Il ne nous laisse jamais tomber. Combien de personnes, après avoir traversé une grande épreuve, dissent : « Je ne sais pas comment j'ai tenu... mais le Seigneur m'a porté. »

Oui, Jésus continue aujourd'hui à tendre la main à ceux qui crient vers lui.

Dans la 2ème lecture de ce dimanche, Saint Paul, lui aussi, souffre. Il est triste de voir son peuple ne pas accueillir le Christ. Pourtant, il ne perd pas confiance. Pourquoi ? Parce qu'il sait que Dieu reste toujours fidèle à ses promesses. Voilà notre espérance. Même lorsque nous ne comprenons pas tout, Dieu continue son œuvre.

Frères et sœurs, aujourd'hui, chacun de nous est peut-être arrivé à cette messe avec une tempête dans son cœur. Peut-être une inquiétude que personne ne connaît. Peut-être une souffrance cachée. Peut-être une décision difficile.

Le Seigneur nous redit aujourd'hui : « Confiance ! C'est moi. N'ayez pas peur. » Ne cherchons pas un Dieu qui écrase nos difficultés par des démonstrations de force. Accueillons le Dieu qui vient dans la douceur, qui marche à nos côtés, qui nous prend par la main et qui nous donne sa paix.

Demandons-lui, au cours de cette Eucharistie, de nous apprendre à garder les yeux fixés sur lui, même lorsque les vagues sont fortes. Et redisons ensemble, du fond de notre cœur : « Seigneur, augmente notre foi. Seigneur, sauve-nous ! Amen. »

07/08/2026

Vendredi de la 18e semaine du TOA

 

Homélie – Messe en l'honneur du Sacré-Cœur et pour les malades
Vendredi 7 août 2026

(Na 2, 1.3 ; 3, 1-3.6-7 ; Dt 32, 35cd-36ab, 39abcd, 41 ; Mt 16, 24-28)

Chers frères et sœurs,

En ce premier vendredi du mois, nous nous rassemblons autour du Sacré-Cœur de Jésus. Nous prions spécialement pour les malades, les personnes âgées, celles qui souffrent dans leur corps, dans leur cœur ou dans leur esprit. Nous savons que chacun porte une croix, parfois visible, parfois cachée.

Dans l'Évangile, Jésus nous adresse une parole exigeante : « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. » Cette parole peut nous surprendre. Jésus ne dit pas que la souffrance est bonne en elle-même. Il ne demande pas de rechercher la souffrance. Mais il nous promet une chose : aucune souffrance n'est vécue seul lorsque nous marchons avec lui.

Le Sacré-Cœur de Jésus est précisément le signe de cet amour qui ne nous abandonne jamais. Son Cœur est ouvert pour accueillir nos blessures, nos larmes, nos découragements. Lorsque nous sommes malades, lorsque nous traversons une épreuve familiale, lorsque nous perdons un être cher ou lorsque nous ne voyons plus d'issue, Jésus nous dit : « Viens à moi. Mon Cœur est ouvert pour toi. »

Aujourd'hui, nous prions particulièrement pour nos malades. Beaucoup souffrent physiquement. D'autres souffrent moralement : la solitude, l'angoisse, la dépression, les difficultés économiques, les conflits familiaux. Il existe aussi des blessures invisibles que personne ne remarque, mais qui font très mal.

Depuis plusieurs mois, notre pays est profondément marqué par une augmentation de drames humains. Les réseaux sociaux nous rapportent presque chaque semaine des histoires bouleversantes : des suicides de jeunes ou d'adultes, des violences conjugales qui se terminent par des meurtres, des conflits familiaux qui dégénèrent tragiquement, ou encore des personnes tuées à la suite d'agressions. Derrière chaque publication, il y a une famille détruite, des enfants qui pleurent, des parents qui ne comprennent pas, une communauté qui souffre.

La situation est jugée alarmante par les autorités et les spécialistes. Les statistiques de la police pour les cinq premiers mois de l'année 2026 font état de 62 cas de suicide, dont quatre concernant des mineurs .

Face à la multiplication des drames familiaux, le "Domestic Abuse Bill 2026" a été présenté à l'Assemblée nationale fin juin 2026 . Ce texte marque un tournant dans la législation mauricienne pour mieux protéger les victimes. Il introduit notamment une définition élargie des violences, incluant désormais les violences psychologiques, le contrôle financier, les humiliations ou l'isolement social

Je ne veux pas rappeler ces événements pour nous faire peur, ni entrer dans les détails. Mais ils doivent nous interpeller. Ils nous disent qu'au milieu de notre société, beaucoup de personnes portent une souffrance immense, parfois dans le silence. Certaines n'osent plus demander de l'aide. D'autres pensent qu'elles sont seules ou qu'il n'y a plus d'espérance.

Comme disciples du Christ, nous sommes appelés à être attentifs. Une parole d'écoute, une visite, un appel téléphonique, un sourire, une invitation à parler peuvent parfois empêcher une personne de sombrer dans le désespoir. Nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes, mais nous pouvons être des témoins de la compassion du Cœur de Jésus.

À ceux qui traversent des moments très sombres, l'Église veut redire avec force : votre vie a une valeur infinie. Vous êtes aimés de Dieu. Même lorsque tout semble perdu, il existe toujours un chemin d'espérance. N'ayez pas peur de demander de l'aide à votre famille, à un ami, à un prêtre, à un professionnel de santé ou à toute personne de confiance. Demander de l'aide n'est jamais un signe de faiblesse ; c'est souvent le premier pas vers la guérison.

Le prophète Nahum, dans la première lecture, annonce que le mal n'aura pas le dernier mot. Les puissances de violence finissent toujours par tomber. C'est aussi notre foi : l'amour est plus fort que la haine, le pardon est plus fort que la vengeance, la vie est plus forte que la mort.

Dans quelques instants, nous adorerons Jésus présent dans la Sainte Eucharistie. Déposons dans son Cœur toutes nos souffrances : nos malades, nos familles, notre pays, les victimes de la violence, les personnes qui vivent dans le désespoir, celles qui pleurent un proche, et même ceux qui ont commis le mal, afin qu'ils se convertissent.

Demandons au Sacré-Cœur de Jésus de faire de chacun de nous un instrument de sa paix. Que notre paroisse soit une communauté où personne ne reste seul dans sa souffrance, où chacun trouve une oreille qui écoute, une main qui relève et un cœur qui aime. Que le Sacré-Cœur de Jésus règne dans nos familles, dans notre paroisse et dans toute l'île Maurice. Amen.

Jeudi de la 18e semaine du TOA

 

Homélie – Fête de la Transfiguration du Seigneur (06/08)

Dn 7, 9-10.13-14 ; Mt 17, 1-9

« Du Thabor au quotidien, laisser la lumière transformer nos vies »

Chers frères et sœurs,

En ce jour de la fête de la Transfiguration du Seigneur, l’Église nous donner d’écouter une histoire magnifique. Jésus conduit Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne et là, son visage est devenu lumineux et ses vêtements sont devenus tout blancs. Pourquoi ?

Parce qu'il vient de leur annoncer sa Passion. Il sait que leur foi va être fortement éprouvée. Alors il leur donne un avant-goût de sa gloire pour qu'ils ne perdent pas courage lorsque viendra l'heure de la Croix.

La Transfiguration n'est donc pas une fuite du monde. Elle est un cadeau de Dieu, une lumière qui nous aide à continuer notre route lorsque nous traversons les nuits de la vie.

Dans un premier temps, Jésus nous invite à monter sur la montagne. La montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu. Pour monter, il faut laisser derrière soi le bruit, les distractions, les préoccupations. C'est l'image de la prière.

Nous vivons dans un monde où tout va très vite. Nous avons le téléphone dans la main, les informations qui défilent sans cesse, les préoccupations qui remplissent notre esprit. Mais quand prenons-nous le temps d'écouter Dieu ?

Sur la montagne, Jésus prie. C'est pendant sa prière que son visage devient lumineux. Cela nous rappelle que c'est dans la rencontre avec Dieu que notre cœur se transforme.

Puis la voix du Père retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé... Écoutez-le ! » Remarquons que le Père ne dit pas : « Admirez-le » ou « Parlez de lui ». Il dit simplement : « Écoutez-le. »

Aujourd'hui encore, Jésus nous parle. Il nous parle dans l'Évangile, dans notre conscience, dans les personnes que nous rencontrons, dans les événements de la vie. Si nous voulons être transformés, il faut prendre chaque jour quelques minutes pour écouter sa Parole. Une famille qui prie ensemble, une personne qui lit chaque jour un passage de l'Évangile, un jeune qui prend le temps de dialoguer avec Dieu : voilà des vies qui commencent déjà à être transfigurées.

Mais il y a ensuite un deuxième enseignement. Pierre s'écrie : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser trois tentes. »

Nous comprenons Pierre. Qui ne voudrait pas rester dans un lieu où l'on est heureux ? Mais Jésus ne le laisse pas faire. Pourquoi ? Parce que la foi n'est pas faite pour nous installer dans le confort spirituel.

Nous aussi, parfois, nous aimerions une religion qui nous protège de tous les problèmes. Nous voudrions une foi sans efforts, une vie sans souffrance, une Église où tout serait facile. Mais il n'y a pas de Thabor sans Calvaire.

La lumière de la Transfiguration prépare les disciples à traverser l'obscurité de la Passion. C'est également vrai pour nous. Lorsque nous perdons un être cher, lorsque la maladie frappe, lorsqu'une famille traverse une crise, lorsque nous sommes découragés, nous pouvons nous rappeler cette montagne lumineuse. Le Christ glorieux est le même que celui qui marche avec nous dans nos souffrances. La Croix n'est jamais le dernier mot. Le dernier mot appartient toujours à la Résurrection.

Enfin, l'Évangile nous montre Jésus qui s'approche des disciples effrayés. Il les touche et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte. » Quelle belle parole !

Après chaque épreuve, Jésus nous relève. Après chaque chute, il nous relève. Après chaque découragement, il nous relève. Et ensuite, il les fait redescendre de la montagne. Car la mission les attend.

Nous aussi, nous devons redescendre dans notre quotidien : dans nos familles, nos quartiers, nos lieux de travail, nos écoles, nos paroisses. C'est là que nous sommes appelés à devenir les reflets de la lumière du Christ.

Mais comment ? En apportant de l'espérance là où règne le découragement. En offrant le pardon là où il y a des blessures. En partageant là où certains manquent du nécessaire. En visitant les personnes âgées, les malades, les personnes seules. En étant patients avec nos enfants, fidèles dans notre couple, honnêtes dans notre travail. C'est ainsi que le visage du Christ continue de rayonner aujourd'hui à travers chacun de nous.

Frères et sœurs, la fête de la Transfiguration nous rappelle notre propre vocation. Nous ne sommes pas faits pour rester dans les ténèbres. Nous sommes tous appelés à être transformés par le Christ, afin de refléter sa lumière dans le monde.

Demandons aujourd'hui au Seigneur de nous donner le goût de monter chaque jour sur la montagne de la prière, le courage de traverser avec lui les épreuves de la vie, et la joie de redescendre dans notre quotidien comme de véritables témoins de sa lumière. Amen.

05/08/2026

Mercredi de la 18e semaine du TOA

 

Homélie – Fête de la Dédicace de la Basilique Sainte-Marie Majeure (5 aout 2026)

Jr 31, 1-7 ; Mt 15, 21-28

Frères et sœurs,

Aujourd'hui, l'Église célèbre la dédicace de la Basilique Sainte-Marie Majeure, à Rome. C'est la plus ancienne église d'Occident dédiée à la Vierge Marie. Depuis plus de seize siècles, des millions de pèlerins y viennent prier Marie, la Mère de Dieu, pour lui confier leurs joies, leurs peines et leurs espérances.

Cette fête nous rappelle que Marie est une mère qui accueille tous ses enfants, sans distinction. Elle nous conduit toujours vers son Fils, Jésus.

Dans la première lecture, le Seigneur nous dit par le prophète Jérémie : « Je serai le Dieu de toutes les familles d'Israël. » Dieu ne veut exclure personne. Il rassemble son peuple avec amour et tendresse. Même ceux qui sont blessés, découragés ou éloignés trouvent leur place dans son cœur.

Cet amour universel de Dieu se retrouve dans l'Évangile. Une femme cananéenne, étrangère au peuple d'Israël, vient supplier Jésus de guérir sa fille. Au début, Jésus semble garder ses distances. Mais cette femme ne se décourage pas. Elle continue à faire confiance. Elle est humble, persévérante et pleine de foi.

Finalement, Jésus lui dit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et sa fille est guérie.

Cette femme nous enseigne une belle leçon : ne jamais perdre confiance en Dieu, même lorsque la réponse tarde à venir. La foi persévérante ouvre le cœur de Dieu.

Frères et sœurs, cette fête nous fait aussi penser au pape François. Il avait une grande dévotion envers la Vierge Marie. Avant chacun de ses voyages apostoliques, il allait prier devant l'icône de Marie, Salus Populi Romani, conservée dans la Basilique Sainte-Marie Majeure. Et à son retour, il y revenait pour dire merci. Pour lui, aucun grand projet ne pouvait commencer ni s'achever sans être confié à Marie.

Dans son testament spirituel, le pape François a demandé à reposer dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure. Ce choix n'était pas un simple détail. Il exprimait toute sa confiance filiale envers la Vierge Marie.

Toute sa vie, le pape François nous a rappelé que l'Église doit être une maison ouverte à tous : les pauvres, les malades, les personnes âgées, les migrants, ceux qui souffrent et même ceux qui se sentent loin de Dieu. Comme la femme cananéenne, chacun a sa place auprès du Seigneur.

À Maurice aussi, nous connaissons cette richesse de vivre ensemble malgré nos différences de langues, de cultures et de religions. L'Évangile d'aujourd'hui nous invite à regarder chaque personne comme un frère ou une sœur que Dieu aime. Personne ne doit être rejeté ou méprisé.

Demandons aujourd'hui à la Vierge Marie de nous apprendre à avoir une foi simple, persévérante et humble. Qu'elle nous aide à garder notre confiance dans les moments difficiles. Et qu'à l'exemple du pape François, nous devenions une Église qui accueille, qui écoute, qui console et qui conduit chacun vers Jésus. Amen.