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10/08/2026

Homélie du 19e dimanche du TOA

 
Homélie – 19e dimanche du Temps ordinaire – Année A

1 R 19, 9a.11-13a ; Ps 84 ; Rm 9, 1-5 ; Mt 14, 22-33

Frères et sœurs,

Nous connaissons tous ces moments où notre vie ressemble à une barque secouée par les vagues. Une maladie, un problème dans la famille, un deuil, une difficulté financière, une inquiétude pour un enfant, un découragement… Et parfois, nous nous demandons : « Seigneur, où es-tu ? »

L’Évangile d’aujourd’hui nous donne une réponse simple : même au milieu de la tempête, Jésus est là.

Dans la première lecture, le prophète Élie cherche Dieu, car il traverse une période très difficile. Il est découragé. Alors il s'attend à le rencontrer dans quelque chose d'extraordinaire : un vent violent, un tremblement de terre, un feu impressionnant. Mais Dieu n'est ni dans le vent, ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre. Dieu se fait reconnaître dans le murmure d'une brise légère... presque dans le silence.

C'est une grande leçon pour nous. Nous aussi, souvent, nous attendons que Dieu règle nos problèmes d'un seul coup. Nous aimerions un miracle spectaculaire. Nous lui disons : « Seigneur, enlève cette maladie. Résous ce conflit. Fais disparaître cette difficulté. » Et quand rien ne change tout de suite, nous pensons parfois que Dieu nous a oubliés.

Mais Dieu agit souvent autrement. Il nous donne la force de continuer. Il met sur notre route une personne qui nous écoute. Il inspire une parole de réconciliation. Il apporte une paix intérieure que personne ne peut expliquer.

Dieu travaille dans la douceur. La question est donc : savons-nous faire un peu de silence pour écouter cette voix discrète ?

Dans nos journées remplies de bruit, de télévision, de téléphone, de réseaux sociaux, de préoccupations, il devient difficile d'entendre cette petite voix qui nous dit : « N'aie pas peur, je suis avec toi. »

Dans l'Évangile d’aujourd’hui, les disciples sont en pleine tempête. Puis ils voient Jésus marcher sur les eaux.

Pierre demande à aller vers lui. Au début, tout va bien. Pourquoi ? Parce que Pierre regarde Jésus. Mais dès qu'il regarde le vent et les vagues, il prend peur. Il commence à s'enfoncer. N'est-ce pas exactement ce qui nous arrive ?

Quand nous regardons seulement nos problèmes, ils deviennent immenses. Quand nous regardons seulement les mauvaises nouvelles, les violences, les divisions, les difficultés économiques ou familiales, nous finissons par croire qu'il n'y a plus d'espérance. Alors nous coulons intérieurement.

Mais ce qui est beau dans cet Évangile, c'est que Pierre ne fait pas un long discours. Il pousse simplement un cri : « Seigneur, sauve-moi ! » Et immédiatement, Jésus lui tend la main.

Remarquez bien : Jésus ne fait pas disparaître la mer. Il ne fait pas disparaître les vagues tout de suite. Mais il saisit Pierre par la main. Voilà la foi. La foi ne supprime pas toutes les tempêtes de notre vie. La foi nous assure que, dans chaque tempête, Jésus est avec nous. Il nous tend la main. Il ne nous laisse jamais tomber. Combien de personnes, après avoir traversé une grande épreuve, dissent : « Je ne sais pas comment j'ai tenu... mais le Seigneur m'a porté. »

Oui, Jésus continue aujourd'hui à tendre la main à ceux qui crient vers lui.

Dans la 2ème lecture de ce dimanche, Saint Paul, lui aussi, souffre. Il est triste de voir son peuple ne pas accueillir le Christ. Pourtant, il ne perd pas confiance. Pourquoi ? Parce qu'il sait que Dieu reste toujours fidèle à ses promesses. Voilà notre espérance. Même lorsque nous ne comprenons pas tout, Dieu continue son œuvre.

Frères et sœurs, aujourd'hui, chacun de nous est peut-être arrivé à cette messe avec une tempête dans son cœur. Peut-être une inquiétude que personne ne connaît. Peut-être une souffrance cachée. Peut-être une décision difficile.

Le Seigneur nous redit aujourd'hui : « Confiance ! C'est moi. N'ayez pas peur. » Ne cherchons pas un Dieu qui écrase nos difficultés par des démonstrations de force. Accueillons le Dieu qui vient dans la douceur, qui marche à nos côtés, qui nous prend par la main et qui nous donne sa paix.

Demandons-lui, au cours de cette Eucharistie, de nous apprendre à garder les yeux fixés sur lui, même lorsque les vagues sont fortes. Et redisons ensemble, du fond de notre cœur : « Seigneur, augmente notre foi. Seigneur, sauve-nous ! Amen. »

07/08/2026

Vendredi de la 18e semaine du TOA

 

Homélie – Messe en l'honneur du Sacré-Cœur et pour les malades
Vendredi 7 août 2026

(Na 2, 1.3 ; 3, 1-3.6-7 ; Dt 32, 35cd-36ab, 39abcd, 41 ; Mt 16, 24-28)

Chers frères et sœurs,

En ce premier vendredi du mois, nous nous rassemblons autour du Sacré-Cœur de Jésus. Nous prions spécialement pour les malades, les personnes âgées, celles qui souffrent dans leur corps, dans leur cœur ou dans leur esprit. Nous savons que chacun porte une croix, parfois visible, parfois cachée.

Dans l'Évangile, Jésus nous adresse une parole exigeante : « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. » Cette parole peut nous surprendre. Jésus ne dit pas que la souffrance est bonne en elle-même. Il ne demande pas de rechercher la souffrance. Mais il nous promet une chose : aucune souffrance n'est vécue seul lorsque nous marchons avec lui.

Le Sacré-Cœur de Jésus est précisément le signe de cet amour qui ne nous abandonne jamais. Son Cœur est ouvert pour accueillir nos blessures, nos larmes, nos découragements. Lorsque nous sommes malades, lorsque nous traversons une épreuve familiale, lorsque nous perdons un être cher ou lorsque nous ne voyons plus d'issue, Jésus nous dit : « Viens à moi. Mon Cœur est ouvert pour toi. »

Aujourd'hui, nous prions particulièrement pour nos malades. Beaucoup souffrent physiquement. D'autres souffrent moralement : la solitude, l'angoisse, la dépression, les difficultés économiques, les conflits familiaux. Il existe aussi des blessures invisibles que personne ne remarque, mais qui font très mal.

Depuis plusieurs mois, notre pays est profondément marqué par une augmentation de drames humains. Les réseaux sociaux nous rapportent presque chaque semaine des histoires bouleversantes : des suicides de jeunes ou d'adultes, des violences conjugales qui se terminent par des meurtres, des conflits familiaux qui dégénèrent tragiquement, ou encore des personnes tuées à la suite d'agressions. Derrière chaque publication, il y a une famille détruite, des enfants qui pleurent, des parents qui ne comprennent pas, une communauté qui souffre.

La situation est jugée alarmante par les autorités et les spécialistes. Les statistiques de la police pour les cinq premiers mois de l'année 2026 font état de 62 cas de suicide, dont quatre concernant des mineurs .

Face à la multiplication des drames familiaux, le "Domestic Abuse Bill 2026" a été présenté à l'Assemblée nationale fin juin 2026 . Ce texte marque un tournant dans la législation mauricienne pour mieux protéger les victimes. Il introduit notamment une définition élargie des violences, incluant désormais les violences psychologiques, le contrôle financier, les humiliations ou l'isolement social

Je ne veux pas rappeler ces événements pour nous faire peur, ni entrer dans les détails. Mais ils doivent nous interpeller. Ils nous disent qu'au milieu de notre société, beaucoup de personnes portent une souffrance immense, parfois dans le silence. Certaines n'osent plus demander de l'aide. D'autres pensent qu'elles sont seules ou qu'il n'y a plus d'espérance.

Comme disciples du Christ, nous sommes appelés à être attentifs. Une parole d'écoute, une visite, un appel téléphonique, un sourire, une invitation à parler peuvent parfois empêcher une personne de sombrer dans le désespoir. Nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes, mais nous pouvons être des témoins de la compassion du Cœur de Jésus.

À ceux qui traversent des moments très sombres, l'Église veut redire avec force : votre vie a une valeur infinie. Vous êtes aimés de Dieu. Même lorsque tout semble perdu, il existe toujours un chemin d'espérance. N'ayez pas peur de demander de l'aide à votre famille, à un ami, à un prêtre, à un professionnel de santé ou à toute personne de confiance. Demander de l'aide n'est jamais un signe de faiblesse ; c'est souvent le premier pas vers la guérison.

Le prophète Nahum, dans la première lecture, annonce que le mal n'aura pas le dernier mot. Les puissances de violence finissent toujours par tomber. C'est aussi notre foi : l'amour est plus fort que la haine, le pardon est plus fort que la vengeance, la vie est plus forte que la mort.

Dans quelques instants, nous adorerons Jésus présent dans la Sainte Eucharistie. Déposons dans son Cœur toutes nos souffrances : nos malades, nos familles, notre pays, les victimes de la violence, les personnes qui vivent dans le désespoir, celles qui pleurent un proche, et même ceux qui ont commis le mal, afin qu'ils se convertissent.

Demandons au Sacré-Cœur de Jésus de faire de chacun de nous un instrument de sa paix. Que notre paroisse soit une communauté où personne ne reste seul dans sa souffrance, où chacun trouve une oreille qui écoute, une main qui relève et un cœur qui aime. Que le Sacré-Cœur de Jésus règne dans nos familles, dans notre paroisse et dans toute l'île Maurice. Amen.

Jeudi de la 18e semaine du TOA

 

Homélie – Fête de la Transfiguration du Seigneur (06/08)

Dn 7, 9-10.13-14 ; Mt 17, 1-9

« Du Thabor au quotidien, laisser la lumière transformer nos vies »

Chers frères et sœurs,

En ce jour de la fête de la Transfiguration du Seigneur, l’Église nous donner d’écouter une histoire magnifique. Jésus conduit Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne et là, son visage est devenu lumineux et ses vêtements sont devenus tout blancs. Pourquoi ?

Parce qu'il vient de leur annoncer sa Passion. Il sait que leur foi va être fortement éprouvée. Alors il leur donne un avant-goût de sa gloire pour qu'ils ne perdent pas courage lorsque viendra l'heure de la Croix.

La Transfiguration n'est donc pas une fuite du monde. Elle est un cadeau de Dieu, une lumière qui nous aide à continuer notre route lorsque nous traversons les nuits de la vie.

Dans un premier temps, Jésus nous invite à monter sur la montagne. La montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu. Pour monter, il faut laisser derrière soi le bruit, les distractions, les préoccupations. C'est l'image de la prière.

Nous vivons dans un monde où tout va très vite. Nous avons le téléphone dans la main, les informations qui défilent sans cesse, les préoccupations qui remplissent notre esprit. Mais quand prenons-nous le temps d'écouter Dieu ?

Sur la montagne, Jésus prie. C'est pendant sa prière que son visage devient lumineux. Cela nous rappelle que c'est dans la rencontre avec Dieu que notre cœur se transforme.

Puis la voix du Père retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé... Écoutez-le ! » Remarquons que le Père ne dit pas : « Admirez-le » ou « Parlez de lui ». Il dit simplement : « Écoutez-le. »

Aujourd'hui encore, Jésus nous parle. Il nous parle dans l'Évangile, dans notre conscience, dans les personnes que nous rencontrons, dans les événements de la vie. Si nous voulons être transformés, il faut prendre chaque jour quelques minutes pour écouter sa Parole. Une famille qui prie ensemble, une personne qui lit chaque jour un passage de l'Évangile, un jeune qui prend le temps de dialoguer avec Dieu : voilà des vies qui commencent déjà à être transfigurées.

Mais il y a ensuite un deuxième enseignement. Pierre s'écrie : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser trois tentes. »

Nous comprenons Pierre. Qui ne voudrait pas rester dans un lieu où l'on est heureux ? Mais Jésus ne le laisse pas faire. Pourquoi ? Parce que la foi n'est pas faite pour nous installer dans le confort spirituel.

Nous aussi, parfois, nous aimerions une religion qui nous protège de tous les problèmes. Nous voudrions une foi sans efforts, une vie sans souffrance, une Église où tout serait facile. Mais il n'y a pas de Thabor sans Calvaire.

La lumière de la Transfiguration prépare les disciples à traverser l'obscurité de la Passion. C'est également vrai pour nous. Lorsque nous perdons un être cher, lorsque la maladie frappe, lorsqu'une famille traverse une crise, lorsque nous sommes découragés, nous pouvons nous rappeler cette montagne lumineuse. Le Christ glorieux est le même que celui qui marche avec nous dans nos souffrances. La Croix n'est jamais le dernier mot. Le dernier mot appartient toujours à la Résurrection.

Enfin, l'Évangile nous montre Jésus qui s'approche des disciples effrayés. Il les touche et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte. » Quelle belle parole !

Après chaque épreuve, Jésus nous relève. Après chaque chute, il nous relève. Après chaque découragement, il nous relève. Et ensuite, il les fait redescendre de la montagne. Car la mission les attend.

Nous aussi, nous devons redescendre dans notre quotidien : dans nos familles, nos quartiers, nos lieux de travail, nos écoles, nos paroisses. C'est là que nous sommes appelés à devenir les reflets de la lumière du Christ.

Mais comment ? En apportant de l'espérance là où règne le découragement. En offrant le pardon là où il y a des blessures. En partageant là où certains manquent du nécessaire. En visitant les personnes âgées, les malades, les personnes seules. En étant patients avec nos enfants, fidèles dans notre couple, honnêtes dans notre travail. C'est ainsi que le visage du Christ continue de rayonner aujourd'hui à travers chacun de nous.

Frères et sœurs, la fête de la Transfiguration nous rappelle notre propre vocation. Nous ne sommes pas faits pour rester dans les ténèbres. Nous sommes tous appelés à être transformés par le Christ, afin de refléter sa lumière dans le monde.

Demandons aujourd'hui au Seigneur de nous donner le goût de monter chaque jour sur la montagne de la prière, le courage de traverser avec lui les épreuves de la vie, et la joie de redescendre dans notre quotidien comme de véritables témoins de sa lumière. Amen.

05/08/2026

Mercredi de la 18e semaine du TOA

 

Homélie – Fête de la Dédicace de la Basilique Sainte-Marie Majeure (5 aout 2026)

Jr 31, 1-7 ; Mt 15, 21-28

Frères et sœurs,

Aujourd'hui, l'Église célèbre la dédicace de la Basilique Sainte-Marie Majeure, à Rome. C'est la plus ancienne église d'Occident dédiée à la Vierge Marie. Depuis plus de seize siècles, des millions de pèlerins y viennent prier Marie, la Mère de Dieu, pour lui confier leurs joies, leurs peines et leurs espérances.

Cette fête nous rappelle que Marie est une mère qui accueille tous ses enfants, sans distinction. Elle nous conduit toujours vers son Fils, Jésus.

Dans la première lecture, le Seigneur nous dit par le prophète Jérémie : « Je serai le Dieu de toutes les familles d'Israël. » Dieu ne veut exclure personne. Il rassemble son peuple avec amour et tendresse. Même ceux qui sont blessés, découragés ou éloignés trouvent leur place dans son cœur.

Cet amour universel de Dieu se retrouve dans l'Évangile. Une femme cananéenne, étrangère au peuple d'Israël, vient supplier Jésus de guérir sa fille. Au début, Jésus semble garder ses distances. Mais cette femme ne se décourage pas. Elle continue à faire confiance. Elle est humble, persévérante et pleine de foi.

Finalement, Jésus lui dit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et sa fille est guérie.

Cette femme nous enseigne une belle leçon : ne jamais perdre confiance en Dieu, même lorsque la réponse tarde à venir. La foi persévérante ouvre le cœur de Dieu.

Frères et sœurs, cette fête nous fait aussi penser au pape François. Il avait une grande dévotion envers la Vierge Marie. Avant chacun de ses voyages apostoliques, il allait prier devant l'icône de Marie, Salus Populi Romani, conservée dans la Basilique Sainte-Marie Majeure. Et à son retour, il y revenait pour dire merci. Pour lui, aucun grand projet ne pouvait commencer ni s'achever sans être confié à Marie.

Dans son testament spirituel, le pape François a demandé à reposer dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure. Ce choix n'était pas un simple détail. Il exprimait toute sa confiance filiale envers la Vierge Marie.

Toute sa vie, le pape François nous a rappelé que l'Église doit être une maison ouverte à tous : les pauvres, les malades, les personnes âgées, les migrants, ceux qui souffrent et même ceux qui se sentent loin de Dieu. Comme la femme cananéenne, chacun a sa place auprès du Seigneur.

À Maurice aussi, nous connaissons cette richesse de vivre ensemble malgré nos différences de langues, de cultures et de religions. L'Évangile d'aujourd'hui nous invite à regarder chaque personne comme un frère ou une sœur que Dieu aime. Personne ne doit être rejeté ou méprisé.

Demandons aujourd'hui à la Vierge Marie de nous apprendre à avoir une foi simple, persévérante et humble. Qu'elle nous aide à garder notre confiance dans les moments difficiles. Et qu'à l'exemple du pape François, nous devenions une Église qui accueille, qui écoute, qui console et qui conduit chacun vers Jésus. Amen.

Mardi de la 18e semaine du T.O.A

Homélie – Fête de saint Jean-Marie Vianney, patron des curés (4 aout 2026)

Jr 30, 1-2.12-15.18-22 ; Mt 15, 1-2.10-14

Chers frères et sœurs,

Aujourd'hui, toute l'Église célèbre saint Jean-Marie Vianney, le saint Curé d'Ars, patron de tous les curés du monde. est né le 8 mai 1786 à Dardilly, près de Lyon, en France. Il est issu d'une famille de paysans profondément croyante. Il a grandi pendant la Révolution française, une période où les prêtres étaient persécutés et où les messes étaient souvent célébrées en secret. Cette expérience a profondément marqué sa foi.

Célébrer sa fête, c'est une belle occasion non seulement de prier pour les prêtres, mais aussi de remercier le Seigneur pour tous ceux qu'il envoie comme pasteurs au milieu de son peuple.

Dans la première lecture, le prophète Jérémie annonce un message plein d'espérance. Le peuple est blessé, il souffre à cause de ses infidélités. Pourtant, Dieu ne l'abandonne pas. Il promet : « Je vais restaurer les tentes de Jacob... Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu. » Notre Dieu est un Dieu qui relève, qui guérit et qui rassemble.

Cette mission de guérison, Jésus la continue aujourd'hui à travers son Église. Et parmi ceux qu'il appelle, il y a les prêtres. Le rôle d'un curé n'est pas seulement d'organiser la paroisse ou de célébrer les sacrements. Il est surtout appelé à être un signe de la tendresse de Dieu, à relever les découragés, à écouter, à pardonner et à conduire chacun vers le Christ.

Dans l'Évangile, Jésus rappelle quelque chose de très important : ce qui compte devant Dieu, ce n'est pas seulement les pratiques extérieures, mais la vérité du cœur. Les pharisiens s'attachent aux traditions, mais ils oublient parfois l'essentiel. Jésus nous invite à ne pas vivre une foi de façade, mais une foi qui transforme notre cœur.

C'est exactement ce que vivait saint Jean-Marie Vianney. Il n'était pas un grand savant. Il avait même eu beaucoup de difficultés dans ses études, surtout avec le latin qui était indispensable pour les études au séminaire à cette époque.  Il avait une mémoire limitée et peinait à suivre les cours de philosophie et de théologie. Plusieurs professeurs pensaient qu'il ne pourrait jamais devenir prêtre.

Mais il avait un cœur entièrement donné à Dieu. Il passait de 10 heures à 16 heures au confessionnal pour accueillir les pécheurs avec miséricorde.   Il priait beaucoup. Il visitait les malades. Il vivait simplement. Les gens venaient de très loin parce qu'ils voyaient en lui un homme qui aimait vraiment Dieu et qui aimait vraiment les personnes. On le surnommait « le Curé d'Ars ».

Après sa mort, le 4 août 1859, sa réputation de sainteté continua de grandir. Il fut canonisé en 1925 par Pie XI. Puis, en 1929, le même pape le proclama patron céleste de tous les curés de l'univers, parce qu'il est devenu le modèle du prêtre de paroisse : un pasteur proche de son peuple, entièrement consacré à la prière, à l'Eucharistie et au pardon des péchés.

Son exemple rappelle aussi aux prêtres une question importante : Est-ce que je conduis les personnes vers Jésus ou vers moi-même ? Est-ce que je suis un bon pasteur qui marche avec son peuple ?

Et nous, les fidèles, nous avons aussi une mission. Un prêtre ne peut pas porter seul toute la paroisse. Il a besoin de la prière, du soutien, de la collaboration et parfois même de la compréhension de ses paroissiens. Une paroisse devient vivante lorsque prêtres et laïcs marchent ensemble, avancent ensemble dans la même foi et le même amour.

En cette fête de saint Jean-Marie Vianney, prions spécialement pour tous les curés de notre diocèse et du monde entier. Demandons au Seigneur de leur donner un cœur humble, patient, rempli de charité et de courage. Prions aussi pour les jeunes afin qu'ils n'aient pas peur de répondre à l'appel du Seigneur si Dieu les appelle au sacerdoce.

Que saint Jean-Marie Vianney intercède pour chacun de nous, afin que notre foi ne soit pas seulement une belle apparence, mais une vraie rencontre avec Jésus, qui guérit nos blessures, renouvelle notre cœur et fait de nous son peuple. Amen. 

Homélie du 18e dimanche du T.O.A

 Homélie – 18ᵉ dimanche du TOA

02 septembre 2026

(Textes bibliques : Is 55, 1-3 ; Ps 144 ; Rm 8, 35.37-39 ; Mt 14, 13-21)

Frères et sœurs, aujourd'hui, la Parole de Dieu nous parle d'une réalité que nous connaissons tous : la faim.

Il y a la faim de pain. Selon le dernier rapport des Nations Unies sur la sécurité alimentaire, près de 645 millions de personnes dans le monde souffrent encore de la faim, soit environ une personne sur treize. Plus largement encore, 2,1 milliards de personnes vivent dans une situation d'insécurité alimentaire : elles ne savent pas toujours si elles auront suffisamment à manger demain.

Ces chiffres sont impressionnants. Mais derrière chaque chiffre, il y a un visage : un enfant, une maman, un père de famille, une personne âgée.

Et pourtant, notre planète produit suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Le vrai problème n'est pas seulement le manque de nourriture, mais aussi le manque de partage, la pauvreté, les conflits, le gaspillage et parfois l'indifférence.

C'est précisément dans cette réalité que retentit aujourd'hui l'Évangile de la multiplication des pains. Jésus ne reste pas indifférent devant une foule affamée. Il voit leur faim, il est saisi de compassion et il invite ses disciples à devenir eux aussi des artisans du partage : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

Les disciples, eux, proposent une solution pratique : « Renvoie la foule. Que chacun se débrouille. » Mais Jésus répond : « Donnez-leur vous-mêmes à manger.»

Les disciples protestent : « Nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons.» C'est peu. Presque rien. Mais entre les mains de Jésus, ce « presque rien » devient une abondance.

Cette scène me fait penser à une très belle histoire racontée par Sainte Mère Teresa. Un jour, on lui apprend qu'une famille hindoue, avec huit enfants, n'avait rien mangé depuis plusieurs jours. Elle prend un sac de riz et le porte à cette famille. La maman verse le riz sur la table, le partage aussitôt en deux parts égales, remet une moitié dans le sac et sort de la maison. Quelques minutes plus tard, elle revient. Mère Teresa lui demande : « Où êtes-vous allée ? »

La maman répond simplement : « La famille voisine a faim, elle aussi. » Cette famille voisine était musulmane et comptait sept enfants. Elle n'avait rien mangé non plus.

Mère Teresa dira plus tard : « Ce qui m'a le plus touchée, ce n'est pas seulement qu'elle ait partagé son riz. C'est qu'au milieu de sa propre souffrance, elle connaissait la souffrance de son voisin. » Voilà le véritable miracle de l'Évangile: un cœur qui reste ouvert malgré ses propres difficultés.

Frères et sœurs, Jésus ne nous demande pas de faire des miracles. Il nous demande simplement de lui offrir nos « cinq pains et nos deux poissons ». Et ces cinq pains existent encore aujourd'hui.

Je pense aux Sœurs salésiennes et aux nombreux bénévoles qui accueillent avec patience et tendresse les jeunes filles et les dames en situation de handicap. Leur présence est déjà une annonce de l'amour de Dieu. Je pense aussi aux ministres extraordinaires de la communion de la paroisse qui visitent fidèlement les malades et prient avec eux. Je pense aux membres de l'équipe Caritas de notre paroisse qui accompagnent les familles les plus vulnérables.

Dans nos quartiers, nous avons aussi cette belle habitude de nous entraider lorsqu'une famille est frappée par un deuil, un incendie ou un cyclone. Chacun apporte quelque chose : un plat, quelques vêtements, un peu d'argent, un coup de main pour nettoyer ou réparer une maison. Personne ne donne tout, mais chacun donne quelque chose. Et finalement, personne n'est laissé seul.

Parfois, partager, ce n'est même pas donner de l'argent. C'est renoncer à une sortie, à une randonnée, à quelques heures devant la télévision ou sur le téléphone pour aller rendre visite à un parent âgé, à un voisin malade ou à une personne qui vit seule. Cela paraît peu. Pourtant, pour celui qui reçoit cette visite, cela peut illuminer toute sa semaine.

Enfin, le miracle des pains annonce un autre repas : l'Eucharistie. À chaque messe, Jésus continue de nous nourrir. Il ne nous donne pas seulement du pain. Il se donne lui-même. Mais lorsque la messe est terminée, Jésus nous envoie à notre tour devenir du pain pour les autres.

Frères et soeurs, en rentrant chez nous aujourd'hui, demandons-nous : quels sont les cinq pains et les deux poissons que je peux offrir cette semaine? Un peu de temps ? Une visite ? Un sourire ? Une prière ? Une écoute ? Un pardon ? Cela paraît peu.

Mais entre les mains du Christ, ce "peu" devient toujours assez pour nourrir quelqu'un, redonner de l'espérance et parfois même changer une vie.

Alors, demandons au Seigneur de nous donner un cœur qui voit la faim des autres avant de regarder seulement la nôtre. Et nous découvrirons, comme les disciples, qu'avec Jésus, il y a toujours assez... et même davantage. Amen.

23/04/2023

Homélie pour le 3e Dimanche du temps de Pâques

 

HOMÉLIE POUR LE 3ème DIMANCHE DE PÂQUES - ANNÉE A

(Actes 2, 14.22b-33, 1 Pierre 1, 17-21 et Luc 24, 13-3)

Frères et sœurs,

Qui dans sa vie n’a pas découvert, d’une manière ou d’une autre, qu’il était en chemin, tout particulièrement lorsqu’une épreuve survenait : un deuil, un accident de voiture, une maladie incurable, une rupture de relation, une perte d’emploi, un examen à passer, une médisance provenant d’un ami, une « dépendance » à la drogue, à l’alcool, au jeu, une infidélité du conjoint…  ou tout simplement, un choix difficile à faire lorsqu’il subsiste beaucoup d’inconnues ou d’incertitudes. N’est-ce pas le cas aujourd’hui pour beaucoup d’entre nous face à l’avenir de notre pays ?

Oui ! Nous sommes en chemin vers l’avenir et nous pouvons ressentir inquiétude, angoisse ou même déception. Est-ce raison pour désespérer et se laisser abattre ? Comment sortir de cette épreuve ? Comment retrouver la paix et la joie de vivre ? Et surtout comment reconnaitre la présence et la proximité du Christ ressuscité qui est source de paix et de joie ?

L’Évangile d’aujourd’hui nous présente le cas de deux proches de Jésus, quittant Jérusalem au soir du premier jour de la semaine, après la Pâque, le cœur lourd, désemparés, ne comprenant pas ce qui s’y était passé et comprenant encore moins la personne de Jésus en qui ils avaient mis l’espérance de la libération de leur pays.

L’histoire des disciples d’Emmaüs nous invite aujourd’hui à réaliser trois étapes suivantes qui se résument en 3 verbes : marcher, écouter et célébrer.

1. Première étape : marcher ensemble

Les disciples sont en marche vers le village d’Emmaüs. Ils devisent entre eux de ce qui s’est passé. Ils essaient de comprendre. Lorsque le visiteur inconnu s’approche d’eux, ils se laissent aller à expliciter leur peine et leur déception. Ils lui partagent leur questionnement. Ils racontent ce qui vient de se passer.

Quelle leçon retenir de cela pour nous ? C’est la suivante : la toute première étape de notre cheminement spirituel pour rencontrer Jésus dans notre vie consiste à nous mettre en marche nous aussi. Pour faire la rencontre de Jésus, il ne suffit pas de désirer cette rencontre. Il faut se donner la peine de revenir sur notre vie courante. Partager avec d’autres nos aspirations et nos craintes, comme le faisaient les disciples d’Emmaüs. C’est la base de tout cheminement spirituel : se donner du temps pour revenir sur ce que nous faisons, ce que nous désirons et ce que nous sommes.

2. Deuxième étape : écouter la Parole de Dieu

Ce partage et ce retour sur sa vie seront éclairés non seulement par nos pensées personnelles, mais avant tout par la Parole de Dieu comme le Visiteur inconnu le fait avec les disciples d’Emmaüs en leur disant « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour enter dans sa gloire ». Et le récit continue avec ces mots : « Partant de Moïse et de tous les Prophètes, il interpréta, dans toute l’Écriture ce qui le concernait ».

Dans cette écoute de la Parole de Dieu guidée par Jésus lui-même, l’Esprit leur fait comprendre ce qui est arrivé. Ils entrent dans le dessein de Dieu pour son peuple, dans le mystère de l’Alliance de Dieu avec l’humanité. Ils sont fascinés et leurs esprits s’éclairent par l’action de l’Esprit. Ils vivent à leur manière une Pentecôte comme celle dont il est question dans la première lecture. Ils reconnaissent déjà que ce Jésus qu’ils ont connu « Dieu l’a ressuscité…qu’il a été élevé par la droite de Dieu, qu’il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis » comme le dit saint Pierre dans la déclaration rapportée dans la première lecture.

3. Troisième étape : célébrer l’eucharistique.

Grâce à la fraction du pain, ils le reconnaissent et peuvent maintenant retourner à Jérusalem en plein cœur de la nuit pour retrouver les autres, ceux qu'ils ont abandonnés le matin même. 

Dans notre cheminement spirituel nous sommes invités, comme les disciples d’Emmaüs, à rompre le pain avec Jésus que nous voyons dans la foi sous les espèces du pain et du vin. À chaque messe, une rencontre particulière avec lui nous est proposée.

Chers frères et sœurs, l’évangile d’aujourd’hui se termine sur une très belle scène : les disciples s’échangent le message pascal : « Le Seigneur est ressuscité ». Et c’est la grande joie. La foi vivante, la foi véritable commence là où commence la joie de la rencontre. « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20). 

Soyons sûrs que Jésus est toujours là sur notre chemin, qu’il nous attend, qu’il veut s’asseoir et manger avec nous comme il le fit avec les deux disciples d’Emmaüs. Marcher, écouter, célébrer, ce sont trois chemins que Jésus emprunte pour venir à notre rencontre et redonner un sens à notre vie.

Seigneur Jésus, ressuscité, entre dans ma vie. Ressuscite-la avec toi ! Fais-moi sortir du tombeau de ma tristesse, de ma souffrance, de mon passé. Que ta joie illumine ma vie : cette joie profonde, sereine, qui donne un sens à tous les événements, même ceux qui apparemment n’en ont aucun. Que ce temps pascal qui commence soit pour moi un chemin de résurrection, un chemin vers le bonheur. Seigneur, fais-moi ressusciter avec toi ! Amen.