Homélie – 18ᵉ dimanche du TOA
02 septembre 2026
(Textes bibliques : Is
55, 1-3 ; Ps 144 ; Rm 8, 35.37-39 ; Mt 14, 13-21)
Frères et sœurs, aujourd'hui, la Parole de Dieu nous
parle d'une réalité que nous connaissons tous : la faim.
Il y a la faim de pain. Selon le dernier rapport des
Nations Unies sur la sécurité alimentaire, près de 645 millions de personnes
dans le monde souffrent encore de la faim, soit environ une personne sur
treize. Plus largement encore, 2,1 milliards de personnes vivent
dans une situation d'insécurité alimentaire : elles ne savent pas toujours si
elles auront suffisamment à manger demain.
Ces chiffres sont impressionnants. Mais derrière
chaque chiffre, il y a un visage : un enfant, une maman, un père de
famille, une personne âgée.
Et pourtant, notre planète produit suffisamment de
nourriture pour nourrir tous ses habitants. Le vrai problème n'est pas
seulement le manque de nourriture, mais aussi le manque de partage, la
pauvreté, les conflits, le gaspillage et parfois l'indifférence.
C'est précisément dans cette réalité que retentit
aujourd'hui l'Évangile de la multiplication des pains. Jésus ne reste pas
indifférent devant une foule affamée. Il voit leur faim, il est saisi de
compassion et il invite ses disciples à devenir eux aussi des artisans du
partage : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Les disciples, eux, proposent une solution pratique : «
Renvoie la foule. Que chacun se débrouille. » Mais Jésus répond : «
Donnez-leur vous-mêmes à manger.»
Les disciples protestent : « Nous n'avons ici
que cinq pains et deux poissons.» C'est peu. Presque rien. Mais entre
les mains de Jésus, ce « presque rien » devient une abondance.
Cette scène me fait penser à une très belle histoire
racontée par Sainte Mère Teresa. Un jour, on lui apprend qu'une famille
hindoue, avec huit enfants, n'avait rien mangé depuis plusieurs jours. Elle prend un sac
de riz et le porte à cette famille. La maman verse le riz sur la table, le
partage aussitôt en deux parts égales, remet une moitié dans le sac et sort de
la maison. Quelques minutes plus tard,
elle revient. Mère Teresa lui demande : « Où êtes-vous allée ? »
La maman répond simplement : « La famille voisine a
faim, elle aussi. » Cette famille voisine était musulmane et comptait sept
enfants. Elle n'avait rien mangé non plus.
Mère Teresa dira plus tard : « Ce qui m'a le plus
touchée, ce n'est pas seulement qu'elle ait partagé son riz. C'est qu'au milieu
de sa propre souffrance, elle connaissait la souffrance de son voisin. » Voilà
le véritable miracle de l'Évangile: un cœur qui reste ouvert malgré ses propres
difficultés.
Frères et sœurs, Jésus ne nous demande pas de faire
des miracles. Il nous demande simplement de lui offrir nos « cinq pains et
nos deux poissons ». Et ces cinq pains existent encore aujourd'hui.
Dans nos quartiers, nous avons aussi cette belle
habitude de nous entraider lorsqu'une famille est frappée par un deuil, un incendie
ou un cyclone. Chacun apporte quelque chose : un plat, quelques vêtements, un
peu d'argent, un coup de main pour nettoyer ou réparer une maison. Personne ne
donne tout, mais chacun donne quelque chose. Et finalement, personne n'est
laissé seul.
Parfois, partager, ce n'est même pas donner de
l'argent. C'est renoncer à une sortie, à une randonnée, à quelques heures
devant la télévision ou sur le téléphone pour aller rendre visite à un parent
âgé, à un voisin malade ou à une personne qui vit seule. Cela paraît peu.
Pourtant, pour celui qui reçoit cette visite, cela peut illuminer toute sa
semaine.
Enfin, le miracle des pains annonce un autre repas :
l'Eucharistie. À chaque messe, Jésus continue de nous nourrir. Il ne nous donne
pas seulement du pain. Il se donne lui-même. Mais lorsque la messe est
terminée, Jésus nous envoie à notre tour devenir du pain pour les autres.
Frères et soeurs, en rentrant chez nous aujourd'hui, demandons-nous
: quels sont les cinq pains et les deux poissons que je peux offrir cette
semaine? Un peu de temps ? Une visite ? Un sourire ? Une prière ? Une écoute ?
Un pardon ? Cela paraît peu.
Mais entre les mains du Christ, ce "peu"
devient toujours assez pour nourrir quelqu'un, redonner de l'espérance et
parfois même changer une vie.
Alors, demandons au Seigneur de nous donner un cœur qui voit la faim des autres avant de regarder seulement la nôtre. Et nous découvrirons, comme les disciples, qu'avec Jésus, il y a toujours assez... et même davantage. Amen.

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