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13/08/2026

 

Homélie – Jeudi de la 19e semaine du TOA

Messe en l’honheur de Notre Dame de Fatima  (13/08)

Ez 12, 1-12 ; Ep 1, 3-6.11-12 et Mt 18, 21 – 19, 1

Frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous avons la joie de nous retrouver nombreux, venus de différentes régions de l’île Maurice, ici à l’église du Sacré-Cœur de Rivière des Anguilles, pour honorer Notre-Dame de Fatima.

Nous sommes à la veille de la fête de l’Assomption. Et dans quelques jours, nous célébrerons aussi la fête de saint Louis. Mais aujourd’hui, notre regard se tourne particulièrement vers Marie, Notre-Dame de Fatima, cette Mère qui nous rassemble et qui nous conduit toujours vers Jésus.

Et les lectures de ce jour nous donnent un message très simple : Dieu nous appelle à changer notre cœur, à accueillir son pardon et à devenir nous-mêmes des témoins de son amour.

Dans la première lecture, le prophète Ézékiel reçoit une mission un peu étonnante. Dieu lui demande de préparer ses affaires et de partir comme quelqu’un qui doit quitter son pays. Pourquoi ? Parce que Dieu veut donner un signe à son peuple.

Le peuple s’était éloigné de Dieu. Il avait entendu beaucoup de paroles, mais il ne changeait pas vraiment sa manière de vivre.

Cela peut aussi nous arriver. Nous venons à la messe, nous prions, nous faisons des pèlerinages, nous déposons de belles fleurs devant la statue de Marie… et tout cela est très beau. Mais la question que Dieu nous pose aujourd’hui est : est-ce que quelque chose change dans notre cœur ? Parce que Marie ne nous demande pas seulement de déposer des fleurs devant sa statue. Elle nous conduit à Jésus. Et Jésus nous demande de déposer devant lui autre chose : nos rancunes, nos blessures, nos colères, nos divisions et notre difficulté à pardonner.

Et c’est justement le cœur de l’Évangile. Pierre demande à Jésus : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Pierre pense probablement être très généreux. Sept fois ! C’est déjà beaucoup ! Mais Jésus lui répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Autrement dit : ne compte pas. Pardonne. Jésus ne nous demande pas de faire des mathématiques avec le pardon. Parce que dans une famille, dans un couple, dans une communauté, dans un quartier, même dans une paroisse, si nous commençons à compter : « Il m’a fait cela trois fois… moi, je lui ai pardonné deux fois… maintenant c’est fini ! », nous allons rapidement construire des murs entre nous.

Jésus nous dit : le pardon n’est pas un calcul ; le pardon est un chemin. Et nous savons que ce n’est pas toujours facile.

Il y a des blessures profondes. Une parole qui a fait mal. Une trahison. Une injustice. Une dispute dans la famille. Des frères et sœurs qui ne se parlent plus. Des voisins qui se regardent avec méfiance. Parfois même, dans nos communautés chrétiennes, nous pouvons garder longtemps une rancune dans notre cœur.

Alors aujourd’hui, Notre-Dame de Fatima nous invite à regarder Jésus et à lui dire simplement : « Seigneur, je veux pardonner, mais aide-moi. Mon cœur n’y arrive pas encore. » Et cette prière-là est déjà un commencement.

La deuxième lecture nous donne une autre lumière : saint Paul nous dit que Dieu « nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints ».

Voilà une très belle vérité : nous sommes choisis et aimés par Dieu. Nous ne sommes pas ici par hasard. Nous ne sommes pas simplement une foule réunie pour une belle célébration mariale. Chacun de nous est précieux aux yeux de Dieu. Et Marie nous rappelle cela.

À Fatima, Marie est venue appeler ses enfants à la prière, à la conversion et à la paix. Son message nous ramène toujours à l’essentiel : revenons à Dieu, prions, changeons notre cœur et vivons dans son amour.

Alors, frères et sœurs, lorsque tout à l’heure nous déposerons nos fleurs devant Notre-Dame de Fatima, nous pouvons faire de ce geste une véritable prière. En déposant une fleur, nous pouvons intérieurement déposer une personne que nous avons du mal à pardonner. Nous pouvons déposer une blessure de notre famille. Nous pouvons déposer une inquiétude concernant un enfant ou un jeune. Nous pouvons déposer une difficulté dans notre couple. Nous pouvons déposer une division qui existe dans notre communauté. Nous pouvons déposer notre propre cœur devant Marie et lui dire : « Marie, conduis-moi vers Jésus. Apprends-moi à pardonner. Apprends-moi à aimer comme Jésus. »

Et ce soir, lorsque nous ferons la procession avec Notre-Dame de Fatima dans la cour de l’église, rappelons-nous que Marie ne veut pas seulement être portée dans nos mains ; elle veut aussi nous conduire dans notre vie.

La procession va passer dans la cour de l’église, mais après la messe, chacun de nous va retourner dans sa maison, dans sa famille, dans son travail, dans son quartier.

C’est là que notre procession continue. Elle continue lorsque nous décidons de faire le premier pas vers quelqu’un. Elle continue lorsque nous disons : « Je suis désolé. » Elle continue lorsque nous acceptons de pardonner. Elle continue lorsque nous choisissons la paix plutôt que la dispute. Elle continue lorsque nous prions pour quelqu’un qui nous a fait du mal.

Voilà peut-être la plus belle manière d’honorer Notre-Dame de Fatima.

Frères et sœurs, nous sommes nombreux aujourd’hui. Des personnes venues de partout à Maurice. C’est une grande grâce. Mais que cette foule ne reste pas seulement une belle image pendant quelques heures.

Que nous repartions avec un cœur renouvelé. Que Marie nous aide à comprendre que le plus beau cadeau que nous puissions offrir à Jésus, ce n’est pas seulement une fleur, mais un cœur qui accepte de pardonner.

Demandons donc cette grâce à Notre-Dame de Fatima : Marie, apprends-nous à prier. Marie, apprends-nous à pardonner. Marie, apprends-nous à aimer. Marie, conduis-nous toujours vers Jésus. Et fais de nos familles et de notre île Maurice des lieux de paix, de fraternité et de réconciliation. Amen.

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