HOMÉLIE POUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX – ANNÉE
A
02.04.2023
(Is 50, 4-7 ; Ph 2,
6-11 ; Mt 26, 14-27.66)
Frères et sœurs,
Nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer l'entrée triomphale de
Jésus à Jérusalem pour accomplir sa mission salvatrice. Aujourd'hui marque le
début de la semaine sainte qui nous conduit vers la fête de Pâques, où le
Christ Crucifié et Ressuscité est le centre de notre joie pascale.
En ce début de la Semaine Sainte, la liturgie nous a présenté ce matin deux pistes de méditation : la première : l’entrée de Jésus à Jérusalem ; et la seconde : la lecture de la Passion selon saint Mathieu.
Ces deux pistes sont
intimement liées l’une à l’autre. La description de l’entrée à Jérusalem nous
donne la clé qu’il nous faut pour méditer le récit de la passion du Christ que
nous venons d'entendre.
I. L’entrée triomphale à Jérusalem
Pourquoi Jésus entre à Jérusalem bien qu’il
sache bien qu’il va mourir ? Il y a trois raisons : 1) pour révéler au
grand public qu'il était le Messie promis ; 2) pour accomplir les
prophéties de Zacharie (9,9) et Sophonie (3,16-19) ; et 3) pour accomplir
sa mission salvatrice.
Jésus qui entre à Jérusalem, ne le fait pas comme
les chefs de guerre ou les généraux d’un cortège de vainqueurs, sur un chariot
ou sur un cheval fringuant. Il est assis sur un âne. Cet animal est celui des
pauvres, des paysans. Jésus l’a choisi intentionnellement car il veut signifier
qu’il arrive dans l’humilité pour accomplir le plan de Dieu.
Il se présente ainsi comme le Messie annoncé par
le Prophète Zacharie : « voici ton roi qui vient à toi : il est juste
et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse » (Za 9, 9). Il est le roi humble et doux, qui vient
libérer Israël. Il est le serviteur souffrant dont parle le Prophète Isaïe dans
la première lecture ; le serviteur qui se laisse guider par la parole de Dieu,
sans se dérober un seul instant. La lecture de l’épitre aux Philippiens y reviendra
: lui, le Christ, qui est Dieu, s’abaisse jusqu’à accepter de mourir sur la
croix dans l’obéissance totale à son Père. Sa passion est donc un abandon total
au Père, pour notre salut.
Nous avons été émus de voir les enfants de
Jérusalem l’acclamer, agiter leurs rameaux et jeter leurs manteaux ; et
les gens qui accueillent
Jésus, l’accueillent comme un roi, un roi qui va les délivrer de l’occupant romain,
un fils de David qui va rétablir une royauté terrestre. Ce sont les mêmes qui
vont se détourner de lui en constatant qu’il ne répond pas à leurs attentes.
II. Le récit de la Passion
Ce Messie pauvre et humble
ira jusqu'à l’extrême en donnant sa vie sur la Croix. Il sera dénoncé,
défiguré, abandonné. C’est ce que nous livre le récit de la Passion.
Dans ce récit, la liturgie nous propose non
seulement quelques extraits, mais elle met devant nos yeux l’ensemble des
évènements qui vont de la Cène, le dernier repas de Jésus avec les siens,
jusqu’à sa mise au tombeau.
Ce qui frappe tout au long de cette Passion : Jésus est seul. Seul dans sa
souffrance, seul dans son angoisse, seul dans sa mort, et par là il a pris sur
lui toutes nos solitudes, toutes nos souffrances et toutes nos angoisses. Tout
cela veut dire l'abaissement (kénose) de Jésus, Fils de Dieu
Frères et sœurs, accueillons Jésus dans notre cœur
et dans nos maisons. Aujourd'hui, nous recevons des branches de palmier,
emportons-les chez nous et mettons-les à un endroit où nous pourrons toujours
les voir. Que les palmes nous rappellent que le Christ est le Roi de nos
familles, que le Christ est le Roi de nos cœurs et que le Christ est la seule
vraie réponse à notre quête du bonheur et du sens de nos vies.
Que l'expérience de cette Semaine Sainte nous
fortifie dans nos diverses difficultés et défis de la vie. La souffrance et la
douleur font inévitablement partie de l'expérience humaine, personne ne veut en
faire l'expérience mais beaucoup essaient de l'éviter à tout prix. Mais la
semaine sainte nous rappelle que c'est par la souffrance que nous entrons dans
la victoire. Sans la croix, il ne peut y avoir de couronne. Alors sois fort
enfant de Dieu dans tes souffrances, ne renie pas le Christ à cause de tes
dures expériences, car si tu lui restes fort et fidèle, tu partageras aussi sa
victoire un jour.
Aujourd’hui chacun d’entre nous va faire l’aumône
pour la paroisse. Si autrefois, Jésus a eu besoin d’un âne pour aller accomplir
sa mission, aujourd’hui il a aussi besoin de nos sacrifices pour soutenir
l'église et l'humanité souffrante. Nos aumônes, nos petits cadeaux sacrificiels
contribuent grandement à soulager les croix de beaucoup de ceux qui souffrent.
Soyons généreux et gentils.
Rappelons-nous toujours qu'un chrétien sans Christ
est une contradiction dans les termes. Une telle personne trahit le message
chrétien. Par conséquent, devenons des chrétiens actifs durant cette semaine
sainte, permettant aux autres de voir en nous l'amour universel de Jésus, son
pardon inconditionnel et son service sacrificiel.
Puisse l'expérience de la semaine sainte
renouveler et restaurer votre foi en Dieu. Puissiez-vous recevoir la grâce
d'être un meilleur enfant de Dieu. Puisse-t-il vous fortifier dans les moments
difficiles. Puissiez-vous voir au-delà de vos souffrances la Victoire qui vous
attend.
Bonne Semaine Sainte et Joyeuses Fêtes Pascales ! AMEN !






